Hongrie: baisse du taux directeur d'un quart de point à 5,50%


BUDAPEST - La Banque centrale hongroise (MNB) a annoncé mardi une baisse de son principal taux directeur d'un quart de point à 5,50%, la sixième réduction consécutive.

Ce nouvel assouplissement monétaire était attendu par la majorité des économistes.

Le président de la Banque centrale, Andras Simor, a expliqué les raisons de cette décision par la baisse probable de l'inflation (5,0% en décembre) et par la faiblesse de l'économie. Les décisions du gouvernement sur la baisse des prix fixes (-10% sur prix du gaz, électricité, chauffage des ménages à partir de janvier) auront un effet positif sur l'inflation, a-t-il indiqué devant des journalistes. La faiblesse de la demande domestique, et le taux de chômage au-dessus de 10% présagent d'une performance très faible de l'économie pour 2013 et pour l'année prochaine aussi, a-t-il ajouté.

Dans un communiqué, la MNB a par ailleurs refusé tout recours à des outils non-orthodoxes, dont les marchés craignaient l'introduction: Le Conseil monétaire a refusé l'emploi de l'utilisation plus intensive d'outils non-conventionnels.

A la suite de cette mise au point, la devise hongroise, le forint, s'est légèrement raffermi, passant de 297,50 HUF/EUR à 296,40 HUF/EUR.

Lundi, le forint avait franchi temporairement la barre symbolique des 300 HUF/EUR, une première depuis juin 2012, sur fond d'inquiétude persistante concernant la succession du président de la MNB, le mandat d'Andras Simor ne pouvant plus être renouvelé.

Le controversé ministre hongrois de l'Economie, György Matolcsy, est l'un des favoris pour succéder au très respecté Andras Simor début mars. Ses deux adjoints quitteront leurs postes plus tard, respectivement en avril et en juillet.

György Matolcsy est connu pour sa politique économique non-orthodoxe et a envisagé récemment une coopération stratégique entre le gouvernement et la MNB.

Lundi, le président de la Bundesbank allemande avait fait part de ses inquiétudes à ce sujet: On observe déjà d'inquiétants abus, par exemple en Hongrie, où le nouveau gouvernement s'ingère massivement dans les affaires de la banque centrale, réclame avec fermeté une politique monétaire encore plus agressive, avait déclaré Jens Weidmann.

Lors des cinq baisses de taux précédentes, les quatre membres nommés par le gouvernement conservateur du Premier ministre, Viktor Orban, avaient imposé cette détente monétaire, destinée à soutenir une économie en récession.

Les membres nommés en interne -- le président Andras Simor et ses deux adjoints -- s'étaient prononcés en revanche pour maintenir le taux, mettant en garde contre des risques de surchauffe inflationniste dans le pays.

Lundi, le Fonds monétaire international (FMI) avait prévenu Budapest de perspectives économiques difficiles et avait estimé qu'une nouvelle politique économique était nécessaire pour assurer un ajustement budgétaire soutenable à moyen terme, de façon à favoriser la croissance et la confiance, réparer le secteur financier -- frappé par des impôts spécifiques -- et promouvoir des réformes structurelles.

La possibilité d'autres baisses du taux dépendra de la santé du forint, selon les analystes de Capital Economics, à Londres. Toutefois, ces baisses de taux n'auront qu'un effet négligable sur la stimulation de l'économie, a ajouté Capital Economics.

(©AFP / 29 janvier 2013 16h50)