Hongrie: fusion en vue de la Banque centrale et de l'organe de contrôle financier


BUDAPEST - Le nouveau président de la Banque centrale hongroise (MNB), un proche du Premier ministre Viktor Orban, a appelé de ses voeux une intégration rapide de l'organe de supervision des institutions financières (PSZAF) dans la MNB, dans un entretien jeudi à l'agence hongroise MTI.

La MNB estime que l'intégration est une bonne idée, que nous soutenons, a déclaré György Matolcsy dans cette interview, la première accordée depuis sa prise de fonction début mars à la tête de la Banque centrale.

Mais les délais dépendent de la décision du parlement et du gouvernement, a-t-il ajouté, notant que son institution était prête pour une intégration rapide ou très rapide. Le PSZAF serait intégré au sein de la MNB et non pas le contraire, a-t-il aussi précisé.

Le gouvernement examine la possibilité d'intégrer le PSZAF à la MNB, a confirmé Antal Rogan, le chef de fraction du parti Fidesz de Viktor Orban, ajoutant qu'un projet en ce sens pourrait être soumis avant l'été au vote du parlement, où le parti conservateur détient une majorité des deux tiers.

La fusion ne pourra cependant pas être totale, et nous allons poursuivre des consultations préalables à ce sujet avec la BCE, a-t-il ajouté jeudi à l'occasion d'une conférence de la chambre de commerce américaine à Budapest.

L'an passé, ce projet -- contre lequel le gouverneur de l'époque Andras Simor s'était fermement opposé -- avait été gelé par le gouvernement après les inquiétudes exprimées par la Banque centrale européenne (BCE).

L'institution de Francfort avait jugé que la fusion était propre à diluer le pouvoir du président de la Banque centrale et donc à entamer l'indépendance de la MNB face aux pouvoirs politiques.

M. Simor, qui a plus d'une fois tenu tête au gouvernement, a essayé jusqu'au bout de son mandat de maintenir une certaine indépendance de la MNB face au pouvoir en place, ce qui lui a valu le respect de ses pairs et des marchés.

Selon M. Matolcsy, la fusion des Banques centrales avec les organes de contrôles est une tendance mondiale, également présente au sein de l'Union européenne (UE). La BCE soutient ce genre d'intégration, a-t-il dit.

La nomination en mars par Viktor Orban à la tête de la MNB du controversé ministre de l'Economie -- remplacé à son poste par l'économiste Mihaly Varga -- a été considérée par les experts comme une façon de resserrer l'emprise du pouvoir sur l'institution.

Peu après avoir pris ses fonctions, György Matolcsy a procédé à l'élargissement de ses prérogatives à la tête de l'institution.

Selon lui, la MNB n'en est encore qu'au début de son renouveau, dont l'objectif est désormais d'atteindre une stabilité économique après avoir atteint la stabilité financière et la stabilité des prix, faisant allusion pour ce dernier point au taux d'inflation, tombé à 2,2% en mars, soit le niveau le plus bas depuis 1974.

Sans pour autant abandonner les objectifs antérieurs, la sauvegarde des emplois, une croissance durable et la stabilité économique doivent être au premier plan, a-t-il dit.

M. Matolcsy a par ailleurs annoncé sa volonté d'interdire aux banques sans activité en Hongrie d'investir dans des facilités de financement à très court terme.

Ceux qui ont le droit de participer au programme d'obligations sur deux semaines de la Banque centrale, qui offrent des retours sur investissement très élevés, doivent faire en sorte d'étendre le crédit en Hongrie, jouer un rôle dans l'économie et préserver des emplois, a-t-il estimé.

Ces déclarations ont affaibli le forint, la devise locale, qui s'échangeait à 297,60 forints pour un euro vers 10H00 GMT, alors qu'à l'ouverture des marchés, elle s'échangeait encore à 295,20 forints pour un euro.

(©AFP / 18 avril 2013 12h27)