Hongrie: la mission FMI/UE quitte Budapest plus tôt que prévu


BUDAPEST - Les délégations du FMI et de l'Union européenne (UE), venues à Budapest en vue de discuter sur une aide à la Hongrie, ont quitté la capitale plus tôt que prévu vendredi afin de marquer leur mécontentement sur un projet de réforme de la Banque centrale locale, affirme la presse hongroise.

Les délégations du FMI (Fonds monétaire international) et de l'UE ont quitté Budapest vendredi à l'aube, avant de terminer leurs discussions, indique sur son site web l'hebdomadaire économique HVG.

Selon les articles d'autres organes de presse, comme Origo ou Index, qui se basent sur des sources hongroises, mais aussi basées à Washington et à Bruxelles, ces discussions ont été interrompues à cause d'un projet de loi déposé mercredi au parlement hongrois, considéré comme une atteinte à l'indépendance de la banque centrale hongroise.

Les négociations informelles sont terminées et les négociations formelles ne commencent qu'en janvier, a indiqué le service de presse du gouvernement hongrois à l'AFP, sans vouloir commenter les informations des médias.

Budapest a entamé des négociations avec le FMI et l'UE en vue de demander une aide financière, évaluée entre 15 et 20 mds d'euros, pour faire face à une grave crise de refinancement.

Cette mission constituait une première prise de contact, le négociations formelles ne devant commencer qu'en janvier pour un accord espéré en février.

Les investisseurs ont réagi avec nervosité: le Forint est descendu à 303,42 HUF/EUR vers 12H11 GMT, après s'être échangé autour de 301 HUF/EUR dans la matinée.

La veille, le FMI, l'UE et la Banque centrale européenne (BCE) ont exprimé leur préoccupation concernant un nouveau projet de réforme de la Banque centrale national (MNB) qui menace selon eux son indépendance.

Le texte prévoit de retirer au gouverneur de la MNB la prérogative de choisir ses deux adjoints, au profit du chef du gouvernement.

Par ailleurs, il préconise l'élargissement du conseil monétaire, qui décide tous les mois de la politique de taux d'intérêt, de sept à neuf personnes, augmentant ainsi de quatre à six le nombre des membres extérieurs nommés par le parlement, où le parti Fidesz de Viktor Orban détient une majorité des deux-tiers.

Pour le gouverneur de la MNB Andras Simor, notoirement en conflit avec le Premier ministre, le projet s'apparente à une totale prise de pouvoir de la banque centrale par le gouvernement.

(©AFP / 16 décembre 2011 13h38)