Hongrie: la vie continuerait, même sans accord avec le FMI


BUDAPEST - La Hongrie a minimisé lundi l'importance d'un accord financier avec le Fonds monétaire international (FMI), après l'évaluation critique par une responsable de l'institution de plusieurs nouvelles mesures d'austérité annoncées par Budapest.

Sans accord avec le FMI, la vie continuerait, évidemment, a déclaré le négociateur hongrois Mihaly Varga dans un entretien à la radio nationale MR1.

Suite à cette annonce, la devise nationale, le forint a perdu du terrain face à l'euro. Ouvrant à 283,00 HUF/EUR, elle a faibli jusqu'à 285,50 HUF/EUR après l'intervention de M. Varga. Vers 13H45 GMT, elle s'est un peu apprécié à 284,72 HUF/EUR.

Sur le marché secondaire, le taux des obligations hongroises à 10 ans est repassé au-dessus de la barre symbolique des 7% jugée intenable à long terme, augmentant à 7,12% contre 6,75 avant l'entretien du négociateur hongrois à MR1.

La bourse de Budapest n'a en revanche pas accusé le coup, son indice BUX affichant une hausse de 0,52% vers 13H45 à 18.992 pts.

Cette déclaration intervient deux jours après les critiques de la représentante du FMI en Hongrie, Iryna Ivaschenko. Elle avait estimé que plusieurs des mesures budgétaires annoncées récemment en Hongrie n'étaient pas en ligne avec les objectifs du FMI.

Pour M. Varga, il serait bien sûr préférable d'atteindre un accord, car cela ferait baisser les taux d'intérêt sur les obligations de l'Etat et rassurerait les investisseurs étrangers.

M. Varga, ministre sans portefeuille, a réitéré la position hongroise, selon laquelle le pays n'avait pas besoin de l'argent du FMI, mais plutôt d'un filet de sécurité que représentait l'accord, en clair une sorte de garantie.

La Hongrie a demandé l'an passé l'aide du Fonds et de l'Union européenne (UE) pour pouvoir à nouveau emprunter sur les marchés obligataires à des taux supportables alors que sa monnaie, le forint, était fortement dépréciée.

Les agences de notation, jugeant la politique économique du pays non crédible, car faite avant tout de mesures ponctuelles, ont dégradé la note souveraine du pays au rang de valeur spéculative.

Les négociations, démarrées en juillet, se sont avérées laborieuses. Mais le Premier ministre conservateur Viktor Orban avait estimé le 12 octobre que son pays n'était pas loin d'un bon accord avec le FMI pour un prêt évalué à 15 milliards d'euros.

Selon M. Varga, une décision sur une poursuite des négociations devrait intervenir après le 7 novembre, lorsque l'UE aura donné ses prévisions économiques de croissance et de déficit pour ses pays membres en 2013.

Le gouvernement avait auparavant laissé entendre que les discussions reprendraient à la mi-octobre.

Mme Ivaschenko du FMI avait indiqué qu'aucune date n'avait encore été fixée pour de nouveaux entretiens.

Le 17 octobre, le gouvernement avait annoncé un nouveau train de mesures, prévoyant entre autres le doublement du taux d'imposition sur les transactions financières et le maintien de l'impôt spécifique sur les banques, qui aurait dû être divisé par deux en 2013.

Il entend aussi introduire une nouvelle taxe, celle des services publics, qui concernera les propriétaires étrangers de réseaux souterrains comme le gaz, les eaux ou l'électricité.

(©AFP / 29 octobre 2012 15h19)