Hongrie: quatre blessés après une bagarre entre une milice et des Roms


BUDAPEST - Une bagarre entre des membres d'une milice d'extrême droite et des Roms a fait quatre blessés dans la nuit de mardi à mercredi à Gyöngyöspata, un village de l'est de la Hongrie où des milices mènent des opérations d'intimidation depuis début mars, a indiqué la police.

Une bagarre a éclaté pour des raisons encore inconnues à Gyöngyöspata entre des membres de la milice Véderö et un groupe de Roms, quatre personnes ont été blessées, dont trois légèrement et une grièvement, et plusieurs interpellations ont eu lieu, a indiqué la police locale mercredi, précisant que le calme était revenu.

Selon des témoignages recueillis par l'agence de presse hongroise MTI, la rixe aurait commencé après que des miliciens de Véderö eurent jeté des pierres sur une maison appartenant à des Roms et attaqué un adolescent rom de 14 ans. Des membres de la communauté rom ont ensuite pris à partie violemment les miliciens.

Après ces incidents, le porte-parole de la police départementale, Balint Soltész, a assuré que les forces de l'ordre allaient renforcer leur présence sur place.

Le gouvernement hongrois a par ailleurs proposé mercredi une modification du code pénal qui prévoirait des peines de prison pour les membres des milices.

Les personnes qui sèment la terreur en faisant régner l'ordre ou semblant faire régner l'ordre, pourront être mises en prison pour une période de deux ans, a indiqué à des journalistes le porte-parole du gouvernement Péter Szijjarto.

Il a ajouté que si les actions étaient menées contre une communauté, cela sera considéré comme une circonstance aggravante et serait passible de trois ans de prison. Le texte doit encore être soumis au Parlement.

La semaine dernière, le gouvernement avait déjà introduit de lourdes amendes contre les milices d'extrême droite qui participaient à des patrouilles interdites.

Pour le médiateur (ombudsman) chargé des minorités, Ernö Kallai, même si les conditions de l'incident ne sont pas encore connues, il est clair que les événements ont éclaté à cause du siège qui perdurait depuis des mois et à cause de la peur et de la tension qui accompagnait la provocation continuelle des milices envers les Roms.

M. Kallai a assuré que les autorités surveilleraient à l'avenir les accès au quartier habité par les Roms dans ce village. Il a aussi indiqué avoir demandé un entretien au Premier ministre conservateur Viktor Orban.

Depuis début mars, plusieurs milices d'extrême droite assurant vouloir ramener l'ordre ont effectué des patrouilles, interdites depuis la mi-avril par les autorités, dans le village de Gyöngyöspata.

Pour le week-end de Pâques, la milice Véderö avait prévu un camp d'entraînement à proximité du quartier rom de cette localité de 2.800 habitants, finalement interdit par les autorités. Plusieurs membres de la milice, dont le chef Tamas Esze, ont été interpellés puis relâchés.

En prévision de ce camp, près de 300 femmes et enfants roms avaient été évacués vendredi, puis étaient revenus dimanche dans leurs maisons.

Plusieurs miliciens étaient aussi revenus sur les lieux depuis le début de semaine.

(©AFP / 27 avril 2011 17h49)