Immigration: Ankara signera le 16 décembre un accord de réadmission avec l'UE


BRUXELLES - La Turquie signera le 16 décembre un accord de réadmission des migrants entrés illégalement dans l'UE par son territoire, en échange du lancement du processus de levée de l'obligation de visa imposé à ses ressortissants, a annoncé mercredi à Bruxelles le chef de la diplomatie turque, Ahmet Davutoglu.

La Turquie avait paraphé cet accord en 2012, mais avait suspendu sa signature à un engagement de l'UE à lever l'obligation de visas faite aux citoyens turcs pour rentrer sur le territoire de l'Union.

Aujourd'hui est un jour historique, a affirmé M. Davutoglu, dans un point de presse à Bruxelles avec les commissaires aux Affaires Intérieures et à l'Elargissement, Cecilia Malmström et Stefan Füle.

Nous sommes convenus de lancer le 16 décembre à Ankara le processus de libéralisation des visas et de signer l'accord (...) C'était l'objectif de la Turquie depuis de nombreuses années, a-t-il ajouté.

Le processus doit déboucher sur une levée des visas au maximum dans trois ans et demi, a-t-il estimé.

Notre volonté de travailler ensemble a permis d'écarter les difficultés qui bloquaient depuis des années cette avancée, a pour sa part souligné Mme Malmström, engagée dans une réforme de la politique d'immigration et d'asile européenne.

L'accord va permettre dans notre intérêt commun de mieux contrôler les frontières et gérer l'immigration, s'était-elle félicitée le 21 juin 2012, quand le texte avait été paraphé.

Le déblocage de l'accord intervient après la relance par l'UE des négociations d'adhésion de la Turquie, gelées depuis des années.

L'accord de réadmission entrera en vigueur une fois le texte signé et ratifié tant par le parlement turc que par les eurodéputés et les gouvernements des 28, a précisé une source européenne.

Mais sa mise en oeuvre constituera un préalable à une levée des visas, en sus d'une série de critères à remplir par la Turquie en matière de sécurité des documents, gestion de l'immigration, ordre public et droits fondamentaux a-t-elle souligné.

La Turquie va en particulier devoir revoir sa politique de visas avec les pays tiers non-européens, qui, avec l'ouverture de liaisons aériennes à bas prix, fait affluer sur Istanbul les candidats au passage à l'Ouest.

Frontalier avec la Syrie et l'Irak, le pays est également un des principaux couloirs pour les candidats à l'asile.

Le rapporteur spécial de l'ONU sur les droits de l'Homme des migrants avait d'ailleurs mis en garde en juin contre le risque que les renvois possibles en Turquie ne se fassent au détriment du respect des droits de l'homme.

La Grèce par ailleurs dénonce régulièrement la mauvaise volonté des autorités du pays voisin à reprendre les migrants entrés sur son sol, en dépit d'un accord de réadmission bilatéral conclu au début des années 2000.

(©AFP / 04 décembre 2013 17h23)