Inauguration du siège d'Iter: un défi sociétal et mondial selon Geneviève Fioraso


SAINT-PAUL-LES-DURANCE (France / BOUCHES-DU-RHÔNE) - La ministre de la Recherche, Geneviève Fioraso, a qualifié jeudi le projet de réacteur expérimental international Iter, dont elle inaugurait le siège près du centre de recherches nucléaires de Cadarache (Bouches-du-Rhône), de défi sociétal et mondial dont l'objectif est de fournir de l'électricité à chacun en 2050.

Ce grand bâtiment de 20.000 m2 et 183 m de long, recouvert d'une peau de bois, a été conçu par l'architecte Rudy Ricciotti. Il va regrouper des personnes d'une trentaine de nationalités, la Chine, l'Europe, l'Inde, le Japon, La Corée, La Russie et les États-Unis étant associés dans cet ambitieux projet de réacteur expérimental, étalé sur 35 ans, qui vise à faire de la fusion thermonucléaire une source d'énergie illimitée.

Iter est une réponse collective aux défis énergétiques à venir, a déclaré la ministre, ajoutant que c'était aussi une formidable aventure scientifique, qui rejoint un rêve de l'humanité de maîtriser l'énergie du soleil.

Mme Fioraso a rappelé que l'Union européenne a joué un rôle crucial en étant le plus gros contributeur du projet avec un engagement de 6,6 milliards d'euros. La ministre a affirmé sa préoccupation que le financement d'Iter soit bien inscrit dans le cadre des perspectives financières pluriannuelles européennes jusqu'en 2020.

Le commissaire européen à l'Énergie, l'Allemand Günther Oettinger, l'a confortée en indiquant que le Conseil de l'Europe allait dans les prochains mois prendre des décisions pour donner un cadre stable à ce projet pour les 5 à 7 années à venir.

De son côté, le directeur général d'Iter Organization, le Japonais Osamu Motojima, détaillant les spécificités techniques de ce démonstrateur qui doit démontrer la faisabilité de la fusion, s'est voulu rassurant sur le niveau de sécurité du procédé, affirmant qu'un accident comparable à Fukushima est impossible avec Iter.

A proximité du vaste chantier que la ministre a visité, une centaine de militants écologistes -EELV, Réseau sortir du nucléaire, Greenpeace et l'association vauclusienne Médiane- ont manifesté leur hostilité au projet.

Pour nous, il y a deux raisons essentielles à s'opposer à Iter. D'une part, c'est un budget qui a triplé, passant de 5 milliards d'euros à l'origine à 17 milliards aujourd'hui, et engloutit tous les budgets européens de recherches énergétiques. D'autre part, c'est un mirage scientifique, comme l'ont dit trois prix Nobel de physique: Georges Charpak, Pierre-Gilles de Gennes et Masatoshi Koshiba, a déclaré le porte-parole régional Paca d'EELV, Sébastien Barles.

Le chantier de construction du réacteur a débuté en août 2010, mais l'obtention d'un premier plasma n'est pas attendue avant fin 2020. Au printemps 2013, des essais de convois doivent permettre de tester la route à grand gabarit qui devrait, courant 2013, voir passer les premières pièces du plus grand puzzle du monde, selon les mots de M. Motojima.

(©AFP / 17 janvier 2013 14h30)