Incident Turquie-Syrie: le Conseil de sécurité divisé sur une réaction


NEW YORK (Nations unies) - Les 15 pays membres du Conseil de sécurité de l'ONU tentaient toujours jeudi de rédiger une déclaration en réaction à l'incident frontalier de la veille entre Syrie et Turquie, après le blocage d'un premier texte par la Russie, selon des diplomates.

Ce texte devait en principe être entériné jeudi matin selon une procédure dite de silence (le texte est adopté si aucun pays n'objecte avant une heure limite). Mais Moscou a rompu le silence, a indiqué à la presse l'ambassadeur britannique à l'ONU Mark Lyall Grant.

Le projet de texte condamnait dans les termes les plus fermes les tirs syriens contre la Turquie, estimant qu'ils constituaient une grave menace pour la paix et la sécurité internationales.

Selon un diplomate, la Russie veut retirer du texte cette référence à la paix et à la sécurité, et insiste sur une enquête pour déterminer l'origine des tirs qui ont causé la mort de cinq civils turcs.

Des experts des 15 pays étaient réunis jeudi pour tenter de trouver un compromis.

Certains amendements proposés par un pays membre n'ont pas été considérés comme acceptables par beaucoup de pays du Conseil, a expliqué à la presse l'ambassadrice américaine Susan Rice, qui s'est refusée à prédire le résultat des tractations en cours.

Nous pensons qu'il est très important pour le Conseil de sécurité de condamner rapidement et clairement ces tirs d'obus, a-t-elle souligné.

L'ambassadeur allemand à l'ONU Peter Wittig a lui aussi jugé important pour le Conseil d'agir de manière responsable et unie de façon à éviter une escalade.

De son côté, le ministère russe des Affaires étrangères avait demandé jeudi matin qu'une approche mesurée, fondée sur les faits réels, soit pratiquée au Conseil de sécurité.

La Russie, fidèle allié du régime syrien, a déjà mis son veto au Conseil à trois résolutions occidentales visant à sanctionner Damas depuis le début de la crise syrienne en mars 2011.

La Turquie avait saisi mercredi soir le Conseil de l'incident frontalier, lui demandant de prendre les mesures nécessaires pour mettre un terme à de tels actes d'agression et pour garantir que la Syrie respecte la souveraineté, l'intégrité territoriale et la sécurité de la Turquie.

Ankara a depuis lors riposté, en visant des positions syriennes de l'autre côté de la frontière, tandis que Damas présentait des condoléances à Ankara et annonçait l'ouverture d'une enquête sur l'origine des tirs.

Pour autant la Turquie n'a pas l'intention de déclencher une guerre avec la Syrie, a affirmé jeudi son Premier ministre Recep Tayyip Erdogan.

La Syrie de son côté ne cherche pas l'escalade avec ses voisins, y compris la Turquie, a affirmé jeudi aux journalistes l'ambassadeur syrien à l'ONU Bachar Jaafari. En cas d'incident frontalier entre deux Etats, les gouvernements doivent agir de manière sage, rationnelle et responsable.

Mais à une question sur d'éventuelles excuses syriennes -- évoquées par Ankara -- il s'est borné à répondre que l'enquête n'était pas encore terminée.

Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon s'est dit inquiet de l'escalade des tensions à la frontière entre Syrie et Turquie.

M. Ban, cité par son porte-parole Martin Nesirky, demande à toutes les parties concernées de renoncer à la violence, de faire preuve du maximum de retenue et de faire tous les efforts nécessaires pour progresser vers une solution politique.

Le médiateur de l'ONU et de Ligue arabe en Syrie Lakhdar Brahimi a été en contact avec des responsables turcs et syriens pour (les) encourager à faire baisser la tension, a souligné M. Nesirky.

(©AFP / 04 octobre 2012 20h26)

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