Inde : exode de minorités craignant des attaques, le Premier ministre inquiet


NEW DELHI (Inde) - Le Premier ministre indien a estimé vendredi que l'unité du pays était en jeu alors que des milliers de personnes originaires du Nord-Est continuaient de fuir des villes du Sud de l'Inde de crainte d'être la cible d'attaques interethniques.

Ces départs précipités font suite à des rumeurs, qui se sont propagées via les réseaux sociaux sur internet et les téléphones portables, selon lesquelles la population originaire de l'Assam (nord-est) risquait d'être attaquée par des musulmans après la fin du ramadan le 20 août.

Ces rumeurs d'attaques et de représailles interviennent après des heurts ayant opposé des musulmans à des membres de la tribu Bodo, dans l'Assam.

Ce sont l'unité et l'intégrité de notre pays qui sont en jeu. C'est l'harmonie collective qui est en jeu, a mis en garde Manmohan Singh devant le Parlement.

Pour la deuxième nuit consécutive, des trains supplémentaires ont été affrétés au départ de Bangalore (sud) pour répondre à l'afflux d'Indiens originaires de l'Etat de l'Assam voulant rentrer chez eux de toute urgence.

Nous avons dû mettre en place à la dernière minute deux trains spéciaux de 20 voitures à destination de Guwahati (la principale ville de l'Assam) pour faire face à l'afflux de passagers, et accrocher cinq voitures supplémentaires aux deux trains quotidiens desservant les gares du Nord-Est, a déclaré à l'AFP le porte-parole des Chemins de fer pour la région Sud-Ouest, Suvankar Biswas.

Dans l'Assam, l'Etat a fait intervenir l'armée et des unités paramilitaires pour mettre fin à un conflit qui a déjà fait 80 morts et provoqué le déplacement de plus de 400.000 personnes au cours des trois dernières semaines, selon les autorités.

Les deux communautés se disputent depuis des années la propriété de terres dans cette région reculée de l'Inde.

Appuyée par des experts en cyber-sécurité, la police à Bangalore tentait de découvrir la source des messages anonymes qui ont propagé la rumeur via des SMS, Facebook et des messages sur internet.

Les opérateurs de téléphonie mobile ont reçu l'ordre de bloquer immédiatement l'envoi de textos pour des messages adressés à plus cinq personnes à la fois. Cette consigne doit s'appliquer pendant 15 jours, a indiqué un fonctionnaire du gouvernement, R.K. Singh.

Aucune attaque à Bangalore, qui compte environ 240.000 personnes originaires du Nord-Est, n'a été enregistrée.

Selon un responsable local à Pune (ouest), des personnes originaires du Nord-Est ont également quitté la ville pour regagner leur région.

Nous estimons qu'entre 600 et 700 personnes, en majorité des ouvriers, ont quitté Pune au cours des trois derniers jours, a déclaré le porte-parole des Chemins de fer de la ville, Y.K. Singh.

A Guwahati, les Assamais, qui ressemblent physiquement aux Tibétains, affluaient aussi en provenance de Hyderabad (sud-est) et de l'Etat du Kerala (sud).

(©AFP / 17 août 2012 14h55)

News les plus lues