Initiative UE: Israël a convié des ambassadeurs européens pour discuter


JERUSALEM - Le ministère israélien des Affaires étrangères a convié les ambassadeurs de France, de Grande-Bretagne et d'Allemagne à des discussions sur l'initiative européenne excluant les territoires occupés de la coopération avec Israël, a annoncé vendredi un haut responsable diplomatique.

Les lignes directrices, publiées vendredi au Journal officiel de l'Union européenne (UE), disposent qu'à partir de 2014, tous les accords avec Israël portant sur une aide de l'UE devront spécifier qu'ils ne s'appliquent pas aux territoires occupés depuis 1967 (Cisjordanie, Jérusalem-Est, bande de Gaza et le Golan).

Les ambassadeurs de France, de Grande-Bretagne et le numéro deux de l'ambassade d'Allemagne, en l'absence de l'ambassadeur, ont été conviés hier au ministère (...) pour des discussions au sujet des lignes directrices européennes, a déclaré à l'AFP ce diplomate israélien sous couvert de l'anonymat.

Nous avons demandé aux ambassadeurs de transmettre à leurs capitales respectives qu'aucun gouvernement israélien n'accepterait les conditions énoncées (...) et que ces dispositions étaient susceptibles de provoquer une crise sérieuse avec Israël, a-t-il précisé.

Ces lignes directrices imposent que chaque entité israélienne non gouvernementale candidate à une coopération avec l'UE présente une déclaration sur l'honneur attestant qu'elle n'a aucune activité en territoire occupé.

La Commission veillera également à intégrer le contenu des présentes lignes directrices dans les accords internationaux, selon le texte.

J'ai discuté hier pendant une heure, à sa demande, avec le directeur général du ministère israélien des Affaires étrangères Rafi Barak des lignes directrices de l'Union européenne, qui provoquent de nombreuses inquiétudes chez les Israéliens, a confirmé à l'AFP l'ambassadeur de France en Israël, Christophe Bigot.

M. Bigot a précisé avoir rappelé que cette décision s'inscrivait dans la continuité de la politique européenne et de la position française concernant la colonisation et la nécessité de parvenir à une solution à deux États sur la base des lignes de 1967, avec des échanges mutuellement agréés de territoires.

La porte-parole de l'ambassade d'Allemagne a confirmé que le numéro deux de la représentation avait été invité jeudi au ministère pour des discussions. L'ambassade du Royaume-Uni n'a pas souhaité faire de commentaire.

La chef de la diplomatie de l'UE, Catherine Ashton, a assuré vendredi que ces lignes directrices ne faisaient que réitérer la position traditionnelle selon laquelle les accords bilatéraux avec Israël ne couvrent pas les territoires occupés, et ne préjugent en aucun cas du résultat des négociations de paix entre les Israéliens et les Palestiniens.

La position de l'UE est qu'elle reconnaîtra les changements de frontières à partir du moment où les parties se seront mises d'accord, a souligné Mme Ashton, réaffirmant son soutien aux efforts intenses du secrétaire d'État américain (John) Kerry pour relancer des négociations de paix.

Israël rejette la tentative de la Commission européenne d'imposer des positions sur des questions qui relèvent de la table des négociations israélo-palestiniennes, a affirmé dans un communiqué le ministère israélien des Affaires étrangères.

Israël doute de la sagesse politique de ces mesures, aussi bien dans leur contenu que leur moment, a ajouté le ministère, en allusion aux efforts de M. Kerry.

Une des principales inquiétudes des responsables israéliens porte sur un accord de coopération scientifique avec l'UE, Horizon 2020, qui devrait générer des investissements de centaines de millions d'euros dans les entreprises israéliennes de haute technologie, selon un haut responsable du ministère des Affaires étrangères cité par le quotidien Haaretz.

Selon un sondage publié vendredi par le quotidien pro-gouvernemental Israël Hayom, plus de 80% des Israéliens sont opposés à ces lignes directrices.

(©AFP / 19 juillet 2013 18h49)