Iran: l'avocat d'un pasteur apostat risquant la peine de mort optimiste


TEHERAN - L'avocat d'un pasteur iranien qui risque la peine de mort pour apostasie s'est déclaré optimiste jeudi sur l'issue du procès qui s'est achevé mercredi, affirmant espérer la libération de son client bien qu'il ne se soit pas rétracté comme le demandait la justice.

Je suis optimiste, et à 95% je pense que le tribunal a accepté mes arguments et va libérer Youssef Nadarkhani, a déclaré Me Mohammad Ali Dadkhah interrogé par l'AFP.

M. Nadarhkani, 32 ans, musulman converti au christianisme à l'âge de 19 ans et devenu pasteur d'une petite communauté évangélique baptisée Eglise d'Iran, a été arrêté en octobre 2009 et condamné à mort par une cour d'appel en septembre 2010 pour apostasie en vertu de la charia (loi islamique) en vigueur en Iran.

La Cour suprême a toutefois annulé ce verdict début juillet, et renvoyé l'affaire devant le tribunal de Rasht (nord de l'Iran), d'où le pasteur est originaire, en demandant à l'accusé de se repentir.

La charia prévoit l'annulation des poursuites si le condamné se repent et renonce à sa conversion.

Nous avons eu quatre audiences depuis une semaine, la dernière mercredi. M. Naderkhani ne s'est pas rétracté, mais nous avons présenté nos arguments et je pense que le tribunal a été convaincu. J'attends le verdict d'ici une semaine, a déclaré Me Dadkhah.

L'épouse du pasteur, arrêtée en même temps que lui et initialement condamnée à la prison à perpétuité, a été acquittée en appel.

Plusieurs capitales occidentales, dont Washington, Londres et Berlin, ont dénoncé mercredi le sort fait à M. Nadarkhani, et ont appelé à sa libération.

Le chef de la diplomatie britannique William Hague a demandé à Téhéran de revenir sur la condamnation, critiquant les réticences continuelles du régime iranien quand il s'agit de respecter ses obligations constitutionnelles et internationales en matière de liberté de culte.

Le président de la Chambre des représentants américaine, John Boehner, a de son coté demandé la clémence pour le pasteur, soulignant que la liberté religieuse est un droit universel.

Me Dadkhah, proche du Cercle des défenseurs des droits de l'Homme fondé par le prix Nobel de la paix Shirin Ebadi, a lui-même été condamné début juillet par le tribunal révolutionnaire de Téhéran à neuf ans de prison, dix ans d'interdiction d'exercer son métier et d'enseigner, une amende et cinq coups de fouets pour action de propagande contre le régime islamique.

Il a fait appel de cette condamnation.

Outre ses liens avec le Cercle des défenseur de droits de l'Homme, il lui a été reproché des entretiens avec des radios et télévisions étrangères en persan.

(©AFP / 29 septembre 2011 11h11)


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