Kenya: 26 policiers tués samedi dans une embuscade


NAIROBI - Vingt-six policiers ont été tués samedi dans une embuscade dans le nord du Kenya alors qu'ils poursuivaient des voleurs de bétail, selon un nouveau bilan obtenu dimanche par l'AFP.

Le précédent bilan était de 11 policiers tués dans la fusillade, mais de nouveaux corps ont été retrouvés et le total (des tués) est désormais de 29, dont 26 policiers et trois de leurs agresseurs, a indiqué à l'AFP une source policière sous couvert d'anonymat.

Sur les 18 corps retrouvés ce (dimanche) après-midi, 15 sont ceux de policiers, a ajouté cette source policière.

Le caractère reculé de la région où s'est déroulée la fusillade, sur le territoire de la localité de Baragoi, dans le nord aride du pays, explique que 18 corps, sur un total de 29 tués, n'aient été retrouvés que 24 heures après les faits, selon cette source.

Neuf policiers ont été également admis à l'hôpital Kenyatta de la capitale Nairobi, certains souffrant de blessures par balles, d'autres de blessures plus superficielles, a précisé le porte-parole de cet établissement, Kibet Mengich.

Dans cette région quasiment sans infrastructure, peuplée en majorité d'éleveurs nomades, les vols de bétail et règlements de compte entre communautés nomades rivales font chaque année des dizaines de morts, mais c'est la première fois que des policiers en nombre aussi important soient victimes de ces violences.

En l'occurrence, les policiers avaient été envoyés à la poursuite de voleurs de bétail présumés, après l'échéance d'un ultimatum donné pour qu'ils restituent des bêtes.

Les voleurs de bétail présumés auraient utilisé des armes lourdes contre les policiers, selon des témoignages d'habitants sur place recueillis par l'AFP.

Plus de vingt personnes ont été tuées, de nouveaux corps sont ramenés et les combats se sont encore poursuivis pendant toute la journée d'aujourd'hui (dimanche), a affirmé à l'AFP un habitant du secteur, Paul Lenaimadu.

Nous craignons maintenant des représailles (des policiers) car la force qui va être utilisée pour poursuivre ces voleurs de bétail ne va pas être dirigée seulement contre eux et beaucoup d'innocents vont souffrir, a ajouté cet habitant.

Les forces de police sont habituellement très peu nombreuses et largement sous-équipées dans le nord du Kenya, et les éleveurs estiment nécessaire de s'armer, de plus en plus lourdement, pour prévenir toute attaque de la part d'une communauté rivale.

Dans une autre région du Kenya, le delta de la rivière Tana dans le Sud-Est, des violences entre communautés ont fait plus de cent morts en août et septembre.

(©AFP / 11 novembre 2012 18h05)