L'Opecst lance un rapport sur les gaz de schiste: mauvais signal pour Baupin


PARIS - L'Office Parlementaire d'Evaluation des Choix Scientifiques et Technologiques (Opecst) a lancé mercredi, à la demande de la commission des Affaires économiques du Sénat, un rapport sur les techniques alternatives à la fracturation hydraulique pour les gaz de schiste, une décision qualifiée de mauvais signal par le député Denis Baupin (EELV).

L'Opecst a désigné deux rapporteurs, le député Christian Bataille (PS) et le sénateur Jean-Claude Lenoir (UMP), précise-t-il dans un communiqué.

La commission des Affaires économiques du Sénat l'avait saisi, sur proposition de son président PS, Daniel Raoul, d'une demande d'étude sur les solutions alternatives à la fracturation hydraulique pour l'exploration et l'exploitation des hydrocarbures de schiste.

Cette décision est un double mauvais signal, a jugé M. Baupin qui est membre de l'Opecst.

Mauvais signal d'un point de vue environnemental, a-t-il développé. A trois jours de la conférence de Doha contre le dérèglement climatique, l'obstination de la France à vouloir aller chercher de nouvelles ressources fossiles ne peut qu'affaiblir notre parole dans les négociations internationales, écrit-il dans un communiqué

Mauvais signal d'un point de vue démocratique: alors que des engagements publics ont été pris de ne pas utiliser les gaz de schiste, donner l'impression de contourner les engagements pris et l'opinion publique (..) sous la pression du seul Medef ne peut que fragiliser la confiance de nos concitoyens en ses responsables, a ajouté le député EELV.

Pour M. Baupin, il faut donner la priorité aux recherches qui favoriseront la transition énergétique, et non celles qui risquent de nous maintenir sous addiction fossile.

La commission des Affaires économiques du Sénat avait estimé pour sa part que sans qu'il soit question de revenir sur la prohibition du recours aux techniques de fracturation hydraulique, (elle) a considéré qu'il serait regrettable d'interdire toute réflexion et recherche permettant la mise au point de technologies alternatives et respectueuses de l'environnement.

Ces technologies permettraient notamment de mieux évaluer les ressources contenues dans le sous-sol français afin éventuellement de les exploiter en définissant un cadre réglementaire très strict, avait-elle ajouté dans un communiqué.

L'Opecst, organisme paritaire composé de 18 députés et 18 sénateurs, est chargé d'informer le Parlement des conséquences des choix de caractère scientifique et technologique afin d'éclairer ses décisions.

Il est présidé par le sénateur UMP Bruno Sido et il peut être saisi, soit par le bureau de l'une ou l'autre assemblée, soit par une commission spéciale ou permanente.

(©AFP / 21 novembre 2012 18h17)