L'expropriation d'YPF, la dernière d'une longue série en Argentine


BUENOS AIRES - L'expropriation partielle par l'Argentine de la compagnie pétrolière YPF, contrôlée par l'Espagnol Repsol, est la dernière d'une série depuis l'arrivée au pouvoir de Nestor Kirchner (2003-2007) et de son épouse Cristina, après la vague de privatisations des années 1990.

- 19/11/2003: Retrait de la concession de La Poste argentine, qui avait été privatisée en 1997 sous Carlos Menem (1989-1999). Elle est octroyée au ministère du Plan (99%) et au ministère de l'Economie (1%).

- 26/01/2004: Retrait de la concession de l'espace radioélectrique national, qui avait été attribué à Thales Spectrum, filiale de Thales (ex-Thomson) en 1997. Ce contrat avait fait de l'Argentine le seul pays du monde à céder le contrôle de son spectre radioélectrique, indispensable pour la télévision, la radio et la téléphonie mobile. Il passe dans le giron de l'Etat.

- 21/03/2006: Retrait de la concession pour la distribution de l'eau potable qui avait été attribuée au groupe Suez en 1993. Le gouvernement argentin justifie sa décision en affirmant que la filiale du groupe français n'a pas respecté les termes du contrat en matière d'investissements et de qualité de l'eau potable. Création d'une nouvelle entreprise contrôlée à 90% par l'Etat.

- 30/03/2007: Retrait de la concession du Chantier naval darsena norte (Tandanor), privatisé en 1999. Les employés reçoivent 10% des actions, le reste étant contrôlé par l'Etat.

- 21/11/2008: Une année après son arrivée au pouvoir, Cristina Kirchner étatise les retraites, qui avaient été privatisées en 1994, transférant à l'Etat 26 milliards de dollars (19,80 milliards d'euros) gérés jusqu'alors par des compagnies privées.

- 17/12/2008: Expropriation, par le vote d'une loi, des compagnies aériennes Aerolineas Argentinas et Austral, privatisées et acquises en 1990 par la compagnie espagnole Iberia, puis en 2001 par le groupe espagnol Marsans.

- 16/04/2012: Annonce de l'envoi au Congrès d'un projet de loi pour exproprier partiellement la compagnie pétrolière YPF, contrôlée à hauteur de 57,4% par l'Espagnol Repsol après avoir été privatisée par le vote d'une loi en 1992. L'Argentine (Etat et provinces) prendra le contrôle de 51% des actions.

REPSOL-YPF

THALES

(©AFP / 16 avril 2012 23h51)