La Bulgarie renonce à un projet bulgaro-russe de centrale nucléaire


SOFIA - La Bulgarie renonce au projet bulgaro-russe de construction d'une centrale nucléaire à Béléné (nord), a annoncé mercredi le Premier ministre Boïko Borissov, qualifiant cette décision de difficile.

Le Conseil des ministres a décidé de renoncer au projet de centrale nucléaire à Béléné, tout en payant (à la Russie) le premier réacteur à 1000 MW, a-t-il déclaré à la presse.

Le Premier ministre a précisé que la Bulgarie devait encore 140 millions d'euros pour le premier réacteur dont trois quarts avaient déjà été payés. Il sera installé sur le site de la centrale existante de Kozlodoui (nord) qui dispose actuellement de deux réacteurs à 1000 MW.

M. Borissov a justifié cette décision par un souci d'économies, notamment sur les frais d'infrastructure. Il a estimé que ce nouveau réacteur pouvait entrer en exploitation dans 6 ou 7 ans.

Pour sa part, le directeur de la centrale de Kozlodoui Alexandre Nikolov a déclaré que le démarrage de ce nouveau réacteur n'était pas possible avant dix ans.

Le projet de centrale à Béléné buttait depuis des années sur un différend entre les deux pays concernant son coût.

La centrale aurait coûté près de 10 milliards d'euros, en raison du taux d'intérêts élevé sur le crédit nécessaire à son financement, a expliqué le Premier ministre. La partie russe avait estimé ce coût à 6 milliards d'euros.

La Bulgarie a déjà dépensé 1,4 milliard d'euros et doit rembourser un crédit de 500 millions d'euros à une banque française, à laquelle des intérêts de 102 millions d'euros ont déjà été versés, a indiqué M. Borissov faisant implicitement référence à BNP Paribas.

Une centrale à gaz sera installée sur le site de Béléné, une déception pour le maire dans cette commune Petar Doulev qui a qualifié cette décisions d'erreur.

M. Borissov a indiqué que le ministre de l'Economie et l'Energie Delyan Dobrev se rendrait à Moscou pour trouver une façon amicale à résoudre le problème, sans passer par un tribunal.

Il a rappelé qu'aucun investisseur occidental renommé n'a voulu participer au projet après le retrait en 2009 de la société allemande RWE qui devait détenir 49% de la centrale. Très dépendante de la Russie en matière d'énergie, la Bulgarie ne voulait pas réaliser le projet sans participation d'investisseur d'un pays tiers.

Le Premier ministre a par ailleurs souligné que la Bulgarie est en voie de devenir un important centre de transit de gaz dans les Balkans avec South-Stream, le projet de gazoduc russo-italien qui doit être réalisé vers 2015.

(©AFP / 28 mars 2012 15h29)

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