La Corée du Sud a renvoyé sans y répondre une lettre du PM japonais Noda


SEOUL (Corée du Sud) - La Corée du Sud a renvoyé à son expéditeur, sans y répondre, une lettre du Premier ministre japonais au président sud-coréen au sujet d'îlots dont les deux pays se disputent la souveraineté, a déclaré jeudi le ministère sud-coréen des Affaires étrangères.

La tension est montée ces derniers jours entre le Japon et la Corée du Sud, colonie nippone de 1910 à 1945, après la visite du président Lee Myung-Bak sur des îles de mer du Japon, appelées Dokdo à Séoul et Takeshima à Tokyo, que les deux pays revendiquent.

Quelques jours après sa visite sur les îles contestées, le président sud-coréen a prévenu que l'empereur du Japon, Akihito, ne pourrait venir en Corée du Sud que s'il s'excusait pour les atrocités commises par les forces d'occupation japonaises.

En 1990, Akihito a exprimé ses profonds regrets pour les souffrances du peuple coréen pendant la colonisation.

Dans la lettre remise à l'ambassade de Corée du Sud à Tokyo pour le président Lee, le Premier ministre japonais Yoshihiko Noda lui demandait de présenter ses regrets à la fois pour le déplacement sur les îles et ses propos à l'égard de l'empereur, selon l'agence de presse sud-coréenne Yonhap.

Notre ambassade au Japon va contacter ses interlocuteurs japonais pour leur rendre la lettre du Premier ministre Noda, a déclaré le porte-parole du ministère sud-coréen des Affaires étrangères, Cho Tai-Young.

A Tokyo, le porte-parole du gouvernement Osamu Fujimura a fustigé cette annonce.

En vertu des usages protocolaires, il est inconcevable que des lettres échangées entre dirigeants soient renvoyées, a-t-il dit au cours d'une conférence de presse.

J'espère que (le président Lee) acceptera la lettre, qui lui a été envoyée pour lui faire part des réflexions de notre Premier ministre, a-t-il ajouté.

Un peu plus tard, le ministère sud-coréen a précisé que la lettre avait été renvoyée, en recommandé, car les autorités japonaises l'avaient dans un premier temps refusée.

Le Japon a proposé à la Corée du Sud de régler leur différend territorial devant la Cour internationale de justice de La Haye. Mais Séoul a rejeté par le passé deux propositions du Japon de régler le différend devant la CIJ, en 1954 et en 1962.

Tokyo a annoncé par ailleurs la révision d'un accord d'échange de devises avec Séoul et le ministre nippon des Finances a annulé un déplacement prévu dans la capitale sud-coréenne.

(©AFP / 23 août 2012 12h20)

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