La France veut un renouveau avec Ankara après des turbulences inutiles


ANKARA - La France souhaite inaugurer avec la Turquie de nouvelles relations après les turbulences inutiles qui ont empoisonné leurs rapports, a déclaré jeudi à l'AFP le ministre français du Redressement productif Arnaud Montebourg, lors d'une visite en Turquie.

Il s'agit d'inaugurer des relations fondées sur une amitié durable (...) après des turbulences inutiles, a indiqué M. Montebourg après une rencontre à Ankara avec le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan.

L'objectif de nos deux pays est de faire de nos relations économiques reconstruites le point de solidité entre nos deux pays, quelles que soient les vicissitudes politiques, a-t-il insisté.

M. Erdogan a pour sa part estimé, selon M. Montebourg, que les deux pays peuvent faire beaucoup mieux, en unissant leurs forces sur le plan économique.

Les relations entre Paris et Ankara ont connu de nombreuses difficultés ces dernières années, notamment en raison de l'opposition de l'ex-président français Nicolas Sarkozy à l'entrée de la Turquie dans l'Union européenne (UE) et au vote, annulé depuis, par le Parlement français d'une loi condamnant la négation du génocide arménien.

La communauté arménienne de la Turquie ottomane a été victime de massacres et de déportations massives entre 1915 et 1917, que l'Arménie considère comme un génocide. Ankara récuse vigoureusement cette qualification.

Les tensions diplomatiques entre la France et la Turquie ont affecté la position des entreprises tricolores sur le marché turc.

Lors de leur entrevue, MM. Erdogan et Montebourg ont également abordé le projet de construction de la deuxième centrale nucléaire turque à Sinop (nord de la Turquie), attribué à un consortium dirigé par les japonais Mitsubishi et Itochu et incluant les groupes français Areva et GDF-Suez.

Ce consortium doit fournir à l'horizon 2023-2024 quatre réacteurs d'une puissance de 1.100 mégawatts chacun, pour un montant de quelque 16 milliards d'euros.

Sur le plan de l'énergie, nos deux pays sont en collé-serré, s'est réjoui M. Montebourg devant la presse, à l'issue d'un entretien avec le ministre turc de l'Energie Taner Yildiz. La France est un partenaire naturel pour ce projet, a pour sa part souligné M. Taner.

Nous sommes dans la dernière ligne droite des négociations exclusives qui pourraient aboutir à la fin du mois, a indiqué jeudi une source proche du dossier, la part française serait de 4 milliards d'euros.

Outre l'énergie nucléaire, les entreprises françaises s'intéressent également aux projets ferroviaires à grande vitesse de la Turquie, ainsi qu'aux secteurs de l'énergie renouvelable et de l'électricité conventionnelle, selon une autre source proche du dossier.

M. Montebourg doit poursuivre vendredi sa visite en Turquie à Istanbul.

(©AFP / 10 octobre 2013 16h28)