La Grèce exclut de céder sa souveraineté à l'UE sur la politique budgétaire


ATHENES - La Grèce exclut de céder sa souveraineté à l'UE en matière de politique budgétaire, ont indiqué à l'AFP des sources gouvernementales grecques, réagissant à une proposition notamment allemande en ce sens présentée à la zone euro.

Il y a effectivement un +non-paper+ (note informelle) qui a été présenté à l'Eurogroupe pour la mise sous contrôle européen permanent du budget de la Grèce, mais la Grèce ne discute pas d'une telle éventualité, il est exclu que nous l'acceptions, ces compétences appartiennent à la souveraineté nationale, ont indiqué ces sources, après qu'une source européenne à Francfort eut confirmé l'existence d'une proposition de ce genre émanant de certains pays de la zone euro, dont l'Allemagne.

Ces mêmes sources grecques ont affirmé qu'une proposition analogue avait été émise l'année dernière par un dirigeant néerlandais dans un entretiebn avec le quotidien financier Financial Times, mais qu'elle n'avait débouché sur rien.

Une telle prise de contrôle de la gestion grecque nécessiterait un changement des traités européens, ont ajouté ces sources.

Il y a des discussions et des propositions au sein de la zone euro, dont une de l'Allemagne pour renforcer le contrôle des programmes et des mesures sur place, a déclaré pour sa part la source européenne à Francfort, confirmant une information samedi du Financial Times.

Une expertise externe sur place pourrait être pilotée par les institutions européennes et devrait aussi avoir certains pouvoirs de décision, a ajouté cette source.

Il faut donner une claire priorité à la réduction du déficit budgétaire (...). En Grèce se pose notamment le problème d'une politique budgétaire très décentralisée. Un cadre légal contraignant pourrait apporter une plus grande cohérence, faciliter et accélérer les décisions, a-t-elle encore déclaré.

Placée sous étroite surveillance depuis mai 2010 par la zone euro et le Fonds monétaire international en échange de son maintien sous perfusion financière pour lui éviter la faillite, la Grèce surendettée négocie actuellement d'arrache-pied et tous azimuts.

Elle discute avec ses créanciers privés pour obtenir l'effacement d'une partie de sa dette et en même temps avec ses bailleurs de fonds publics pour la mise en oeuvre deleur deuxième plan prévu de renflouement, d'un montant de 130 milliards d'euros.

Dans ce cadre, le gouvernement grec de Lucas Papademos est actuellement mis sous pression maximale par ses partenaires pour se donner les moyens d'une sortie de crise, en durcissant encore l'austérité et déréglementant l'économie.

La défiance européenne est en outre alimentée par les tiraillements au sein de l'exécutif de coalition, qui réunit depuis l'éviction en novembre du Premier ministre socialiste élu, Georges Papandréou, trois partis, socialiste, droite et extrême-droite, de plus en plus dressés contre les nouveaux sacrifices demandés aux Grecs.

(©AFP / 28 janvier 2012 12h47)