La Russie reconnaît le CNT comme autorité au pouvoir en Libye


MOSCOU - La Russie reconnaît le Conseil national de transition (CNT), instance dirigeante de la rébellion libyenne, comme autorité au pouvoir en Libye, a indiqué jeudi le ministère russe des Affaires étrangères dans un communiqué.

La Fédération de Russie reconnaît le CNT comme autorité au pouvoir et salue son programme de réformes qui prévoit l'adoption d'une nouvelle Constitution, l'organisation d'élections et la formation d'un gouvernement, a ajouté le ministère.

Notre pays a établi des relations diplomatiques avec la Libye le 4 septembre 1955 et ne les a jamais interrompues, quel que soit le gouvernement en place à Tripoli, a souligné le ministère.

Ces déclarations interviennent le jour de l'ouverture à Paris de la conférence des amis de la Libye, qui doit préparer l'après-Kadhafi, à laquelle participera l'émissaire spécial du Kremlin pour l'Afrique, Mikhaïl Marguelov.

Les rebelles libyens ont décidé la semaine dernière d'installer leur gouvernement provisoire à Tripoli, plus de six mois après le début de la révolte contre le régime de Mouammar Kadhafi.

La Russie, allié traditionnel de Tripoli, avait refusé en juillet de reconnaître le CNT comme seule autorité du pays. Celui-ci a déjà été reconnu par les Etats-Unis et de nombreux pays occidentaux.

Le président russe Dmitri Medvedev avait toutefois indiqué le 24 août que la Russie était prête à établir des relations avec les rebelles libyens s'ils parvenaient à unir le pays.

M. Medvedev avait souligné alors que la Russie avait une position prudente et qu'elle observait le développement des événements.

La Russie s'était abstenue avec la Chine lors du vote au Conseil de sécurité de la résolution 1973 qui a permis l'intervention internationale en mars en Libye, mais a par la suite vivement dénoncé les conditions de sa mise en oeuvre par les Occidentaux, tout en appelant au départ de Mouammar Kadhafi.

Après avoir décroché ces dernières années des contrats prometteurs en Libye, la Russie pourrait payer cher sa position plus que prudente sur l'insurrection et voir ses espoirs s'envoler de réaliser des affaires avec ce pays, notamment dans le secteur de l'armement, selon des experts.

(©AFP / 01 septembre 2011 09h14)

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