La Slovénie doit assainir d'urgence son secteur bancaire


LJUBLJANA - La Slovénie, confrontée à une grave récession, doit régler d'urgence la crise de son secteur bancaire et engager de nouvelles réformes pour stabiliser son économie, recommande l'OCDE dans un rapport publié mardi.

Rétablir un secteur bancaire (viable) est la priorité la plus urgente, estime l'Organisation de coopération et de développement économiques.

La Slovénie est confrontée aux risques d'une baisse prolongée de son économie et d'un accès réduit aux marchés financiers. Des mesures supplémentaires et radicales sont nécessaires dès que possible afin d'éviter un tel résultat, ajoute-elle.

Le petit pays de la zone euro a certes déjà mis en place plusieurs mesures de consolidation de ses finances publiques, mais leur nature est trop temporaire, juge l'organisation.

En premier lieu, la Slovénie doit assainir les bilans de ses banques et assurer la recapitalisation des banques viables, de préférence via des émissions d'actions, afin de relancer le crédit, et par ricochet soutenir l'activité économique.

Tout en saluant la création d'une bad bank, structure de défaisance rassemblant les actifs toxiques des banques, l'OCDE regrette un manque de transparence dans son fonctionnement et s'inquiète d'interférences politiques potentielles.

Elle recommande aussi à la Slovénie, issue de l'ex-Yougoslavie, de privatiser les banques publiques -les trois plus grands établissements du pays sont aux mains de l'Etat-.

Même si les banques ont été à plusieurs reprises recapitalisées par l'Etat, elles restent vulnérables en raison d'une accumulation de mauvais crédits accumulés ces dernières années et de nouvelles injections de capital seront nécessaires.

Dans son rapport, l'OCDE propose à la Slovénie 15 mesures visant à assainir son secteur bancaire, à renforcer la viabilité de ses finances publiques et à relancer son économie à l'aide de réformes structurelles.

Elle suggère en particulier de durcir les critères d'organisation des référendums sur les lois. En 2011, une réforme des retraites avait été rejetée par référendum, plongeant le pays dans une crise politique qui s'est soldée par la chute du gouvernement de centre-gauche de Borut Pahor.

L'OCDE propose aussi une réduction de la participation publique dans les groupes industriels du pays.

Dans ses dernières prévisions, l'organisation a prédit une récession de 2,1% pour la Slovénie en 2013, suivie d'une croissance de 1,1% l'année suivante.

(©AFP / 09 avril 2013 10h19)