La flotte baleinière japonaise appareille pour l'Antarctique


TOKYO - La flotte baleinière japonaise a appareillé mardi pour l'Antarctique, une campagne de pêche placée sous haute sécurité en raison de perturbations redoutées de la part d'écologistes, a annoncé la presse locale.

Trois navires sont partis du port de Shimonoseki (sud-ouest du Japon) dans le but de chasser 900 petits rorquals et rorquals communs, selon un document transmis par le gouvernement japonais à la Commission baleinière internationale (CBI).

Le Japon organise chaque année une telle campagne dans les mers du Sud au nom de la recherche scientifique, une pratique tolérée par la CBI, laquelle interdit en revanche toute pêche à visée commerciale.

Les autorités nippones ne cachent pas, toutefois, que les cétacés tués au nom de ces recherches finissent sur les étals de l'archipel.

Contactée par l'AFP, l'Agence des pêches japonaises, organisme officiel chargé de superviser la chasse, n'a pas souhaité confirmer le départ de la flotte pour des raisons de sécurité.

Lors des sept dernières campagnes dans l'Antarctique, les baleiniers nippons ont en effet été harcelés par des bateaux dépêchés par les écologistes de l'association Sea Shepherd, basée aux Etats-Unis.

L'an passé, la flotte japonaise a dû écourter sa campagne d'un mois et n'a pu tuer au total que 172 baleines, un cinquième des prises espérées au départ, à cause des perturbations entraînées par les militants qui ont jeté des bombes puantes sur les navires nippons, entravé leurs hélices ou placé leur propre bateau entre les baleiniers et les cétacés.

Le fondateur de Sea Shepherd, Paul Watson, a prévenu que l'association continuerait de harceler les baleiniers nippons s'ils retournaient dans l'Antarctique.

L'ex-actrice française et protectrice des animaux Brigitte Bardot a récemment fait savoir que sa Fondation s'associerait cette année à la campagne de Sea Shepherd contre les flottes meurtrières nippones. L'un des trimarans utilisés par l'association américaine a été baptisé Brigitte Bardot.

Chargés de la sécurité de la flotte nippone, les gardes-côtes japonais ont annoncé pour leur part lundi que des troupes monteraient à bord des baleiniers afin d'en assurer la protection, sans en préciser le nombre.

Nous avons décidé de renforcer la sécurité comme jamais, a souligné un responsable des gardes-côtes dans la presse japonaise.

Une autre association de défense de l'environnement, Greenpeace, a dénoncé mardi cette nouvelle campagne, soulignant que les fonds dépensés par les autorités nippones pour protéger leur flotte auraient pu être utilisés plus utilement afin de reconstruire la région du nord-est du Japon dévastée par un tsunami le 11 mars.

Greenpeace a estimé que le gouvernement allait dépenser l'équivalent de 30 millions de dollars pour cette campagne, en plus de la subvention annuelle de 10 millions de dollars reçue par l'industrie baleinière, structurellement déficitaire selon l'association.

(©AFP / 06 décembre 2011 10h26)