La société américaine Herakles suspend son projet de culture de palmiers à huile au Cameroun


KOUSSERI (Cameroun) - La société américaine Herakles Farms a décidé de suspendre ses activités au Cameroun, où elle mène depuis 2010 un projet controversé de culture de palmiers à huile, selon un communiqué de la société transmis vendredi à l'AFP.

La filiale camerounaise d'Herakles Farms, SG Sustainables Oils Cameroon Ltd (SGSOC), a annoncé qu'elle avait suspendu ses opérations au Cameroun, en réaction à un ordre reçu des responsables du ministère des Forêts et de la Faune du Cameroun, indique la société.

L'ordre exige que la société arrête de préparer les terres à proximité de sa pépinière de Talangaye (sud-ouest), la reprise des activités +étant subordonnée par la production de la déclaration d'utilité publique+ du projet, explique-t-elle.

Compte tenu de l'échéancier incertain de la reprise des activités, SGSOC réduit et envoie en congé technique une partie de son effectif de 690 employés à temps plein, ajoute la société.

Herakles affirme qu'elle avait obtenu l'autorisation d'opérer et s'est toujours conformée comme elle continuera à se conformer pleinement et de manière transparente à la réglementation gouvernementale en vigueur.

En 2009, le gouvernement camerounais avait signé avec Herakles Farms un accord de principe pour une concession de plus de 73.000 hectares dans le sud-ouest pour la culture du palmier à huile.

La signature d'une convention entre le gouvernement et SGSOC n'exemptait pas ladite entreprise du respect de l'ensemble des procédures et contraintes environnementales, a réagi le ministre des Forêts, Ngole Philip Ngwese.

Le ministre parle d'atteintes à la réglementation forestière et des revendications récurrentes des populations riveraines, qui ont manifesté à plusieurs reprises leur opposition au projet.

Dans un communiqué vendredi, le World Wildlife Fund (WWF) a salué la position courageuse du Cameroun. Les activités de défrichage entreprises par Herakles Farms (...) demeurent illégales. En effet, la Société ne dispose pas de tous les permis nécessaires pour opérer dans cette zone riche en biodiversité a affirmé Hanson Njiforti, Directeur national du WWF Cameroun.

Un rapport du ministère des forêts camerounais reprochait fin avril à la société américaine Herakles Farms des méthodes d'intimidation et de corruption pour acquérir des terres au Cameroun.

En septembre, Greenpeace international et l'institut Oakland, avaient demandé l'arrêt du projet, redoutant notamment la mise en péril d'écosystèmes uniques, et de moyens de subsistance pour les populations.

(©AFP / 24 mai 2013 11h21)