La transition énergétique doit garder des marges de manoeuvre pour le nucléaire


PARIS - Quelles que soient les conclusions du débat en cours sur la transition énergétique, le nucléaire existera encore durant des années en France et il faudra garder des marges de manoeuvre pour garantir la sûreté des installations, a déclaré mardi le président de l'ASN.

Il y aura encore pendant des années du nucléaire en France, donc il est essentiel que les exploitants (des installations) gardent les capacités économiques, techniques et humaines suffisantes pour en assurer le fonctionnement dans de bonnes conditions, a insisté Pierre-Franck Chevet, après avoir présenté au Parlement le rapport 2012 de l'Autorité de sûreté nucléaire.

De la même manière, il faudra que l'Autorité conserve les moyens nécessaires et surtout, reste indépendante de toutes les parties prenantes, producteurs d'électricité ou décideurs politiques, a-t-il lancé.

M. Chevet a également rappelé que le parc nucléaire français était très standardisé et qu'une anomalie générique pourrait conduire l'ASN à exiger l'arrêt brutal et simultané de plusieurs réacteurs.

Il faut que le système électrique français dispose de marges pour faire face à cette situation plausible, frôlée de très près dans les années 1990 avec la corrosion des couvercles de cuves de réacteurs, a-t-il averti.

Il faut aussi prendre en compte le fait que les centrales nucléaires ont une durée de vie limitée, difficile à prévoir, et qui ne sera pas nécessairement la même pour tous les réacteurs. Il est donc important d'anticiper la transition vers de nouveaux moyens de production permettant de couvrir la demande d'électricité future, a jugé M. Chevet lors de son audition par l'Office parlementaire d'évaluation des choix scientifiques et technologiques (OPECST).

Actuellement, l'ASN considère qu'un réacteur peut fonctionner jusqu'à 40 ans, sous réserve d'un examen au cas par cas.

(©AFP / 16 avril 2013 18h57)