Le FSB veut un accès direct à toutes les communications mobiles en Russie


MOSCOU - Le chef des services spéciaux russes (FSB), Alexandre Bortnikov, a demandé jeudi que les opérateurs de téléphonie mobile en Russie livrent leurs clés de chiffrage pour pouvoir surveiller les communications et il a indiqué parler aussi de ce sujet avec Google et Skype.

Tout service de renseignement doit avoir accès aux codes des opérateurs de réseau de téléphonie mobile, afin de pouvoir surveiller d'éventuelles actions illégales, a déclaré M. Bortnikov, cité par les agences russes.

Tout opérateur étranger arrivant sur notre territoire doit se soumettre à cette règle, a-t-il ajouté.

Le patron du FSB n'a pas précisé si des opérateurs étrangers s'étaient déjà soumis à une telle obligation ni si cette mesure concernait aussi l'itinérance (roaming) en Russie.

Alexandre Bortnikov a par ailleurs annoncé que ses services collaboraient avec Google et Skype afin de résoudre les problèmes spécifiques concernant les communications sur internet.

Interrogé par le journal en ligne Gazeta.ru, le représentant de Skype en Russie, Arseni Rastorgouev, a insisté sur la nécessité d'une procédure juridique claire déterminant la procédure à laquelle les autorités russes doivent se soumettre pour obtenir des informations sur les clients des opérateurs.

Il faut une procédure juridique correcte, et pas juste un coup de fil où l'on nous dit +Donnez-moi les informations+, a-t-il souligné.

La loi russe sur les télécommunications garantit en principe le respect du secret des communications sous toutes ses formes, mais ce texte accorde au gouvernement de très larges pouvoirs pour obliger les opérateurs à fournir aux autorités les informations dont elles ont besoin.

Le gouvernement détermine les formes de la collaboration entre les opérateurs de télécommunications et les organes d'Etat chargés de la collecte d'informations ou chargés de la sécurité de la fédération de Russie, indique l'article 64-4 de cette loi.

Le chef du centre de sécurité des communications du FSB, Alexandre Andreetchkine, avait déjà estimé en avril que le chiffrage des messageries Gmail et Skype représentait une menace non négligeable pour la sécurité nationale, laissant entendre que des mesures pourraient être prises contre ces systèmes.

Le Kremlin avait dénoncé ces propos, mais le porte-parole du Premier ministre russe Vladimir Poutine, un ancien colonel du KGB, avait jugé ces craintes parfaitement justifiées.

(©AFP / 07 juillet 2011 17h25)

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