Le Kurdistan irakien revendique le droit d'exporter du pétrole à l'étranger


ERBIL (Irak) - Le Premier ministre de la province autonome du Kurdistan irakien a défendu mercredi le droit des Kurdes d'exporter des hydrocarbures à l'étranger, contre l'avis du gouvernement fédéral à Bagdad.

Je tiens à assurer les compagnies étrangères dans la région que le gouvernement régional kurde poursuivra sa politique de développement de la production pétrolière, a affirmé Nechirvan Barzani lors d'une conférence de presse, après la signature d'un accord avec des partenaires étrangers sur la fourniture de gaz naturel à une centrale électrique au Kurdistan.

Le Premier ministre a indiqué que son gouvernement avait soumis au parlement régional un projet de loi portant sur les contrats d'exploitation et le partage des revenus d'hydrocarbures avec le gouvernement fédéral.

Le gouvernement irakien accuse le Kurdistan de signer des contrats avec des compagnies étrangères sans son autorisation. Bagdad juge illégal tout contrat n'ayant pas été négocié sous l'égide du ministère du Pétrole.

Concernant un contrat récent conclu avec Ankara, M. Barzani a affirmé que ce dont nous avons convenu avec la Turquie n'est pas un projet secret, mais un projet clair et transparent. Nous voulons qu'il serve les intérêts de tout l'Irak, pas juste du Kurdistan.

Nous ne représentons un danger pour aucun pays de la région et nous ne voulons pas agir en dehors du cadre de la Constitution irakienne, a-t-il souligné.

Mais nous sommes résolus à exporter du pétrole à la Turquie et à d'autres pays européens, a-t-il ajouté.

Le ministre des ressources naturelles du Kurdistan, Ashti Hawrami, pour sa part, a lancé une mise en garde à la compagnie pétrolière BP, affirmant qu'un récent accord conclu avec Bagdad pour l'exploration de gisements dans une zone à la souveraineté contestée près de Kirkouk ne serait reconnu que si le Kurdistan y était associé.

Nous demandons à BP de renoncer à l'accord ou d'ouvrir des négociations avec nous en vue de conclure un accord tripartite, a déclaré M. Hawrami.

L'accord conclu par le groupe pétrolier britannique prévoit que BP mène des analyses dans un champ pétrolier à Kirkouk, tout en ouvrant la porte à une augmentation de la production de ce gisement.

La zone autour de Kirkouk, une région riche en pétrole, est revendiquée par le Kurdistan.

L'accord signé mercredi à Erbil entre le gouvernement kurde et les groupes norvégien DNO, anglo-turc Genel Energy, et Kurde Kar, porte sur l'exploitation d'un gisement gazier à Summail et la livraison de gaz à une centrale électrique à Duhok, au Kurdistan.

Un gazoduc de 50 kilomètres de long, déjà en construction, doit être achevé en novembre et les livraisons de gaz pourraient commencer au premier trimestre de l'an prochain, selon le Premier ministre.

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(©AFP / 18 septembre 2013 18h07)