Le Royaume-Uni, l'Allemagne et les Pays-Bas appellent à quitter Benghazi


LONDRES - Le Royaume-Uni, l'Allemagne et les Pays-Bas ont appelé jeudi leurs ressortissants à quitter immédiatement la ville côtière libyenne de Benghazi en raison d'une menace visant les Occidentaux qualifiée d'imminente par Londres, un appel au départ jugé injustifié par Tripoli.

Nous sommes maintenant au courant d'une menace spécifique et imminente contre les Occidentaux à Benghazi et demandons aux Britanniques qui sont là-bas en dépit de nos conseils de partir immédiatement, a annoncé jeudi à la mi-journée le ministère britannique des Affaires étrangères dans un communiqué.

Nous ne pouvons pas faire de commentaire sur la nature de la menace, a ajouté le ministère, précisant que l'ambassade britannique à Tripoli était en contact avec les ressortissants britanniques dont elle a les coordonnées pour leur demander de quitter Benghazi, ville de l'est de la Libye en proie à une insécurité grandissante.

Le ministère allemand des Affaires étrangères a également appelé ses ressortissants à quitter en urgence la ville et la région de Benghazi, dans une note d'information publiée sur son site internet.

Des renseignements dont dispose le gouvernement fédéral établissent des risques concrets immédiats visant les citoyens occidentaux à Bengazi, selon ce document.

Aux Pays-Bas, un avis de voyage qui appelle à ne pas voyager vers et à travers Benghazi a été diffusé lundi et renforcé jeudi pour déconseiller aux personnes de nationalité néerlandaise de rester sur place, selon un porte-parole du ministère néerlandais des Affaires étrangères.

Furieux, le vice-ministre libyen de l'Intérieur, Abdallah Massoud, a estimé que rien ne justifiait la mise en garde de Londres.

Nous reconnaissons qu'il y a des problèmes de sécurité à Benghazi et ceci depuis plusieurs mois. Mais il n'y a pas de nouvelles données qui puissent justifier cette réaction de Londres, a déclaré à l'AFP le responsable libyen.

Au contraire. Maintenant, nous sommes en train d'asseoir notre autorité dans l'Est et dans toute la Libye, a-t-il ajouté, exprimant son étonnement vis-à-vis du ton très musclé utilisé par Londres.

Berceau de la révolution qui a renversé le colonel Mouammar Kadhafi en 2011, Benghazi a été le théâtre récent de plusieurs explosions et d'une vague d'assassinats.

Ces actes de violence ont notamment ciblé des diplomates étrangers avec l'attentat le 11 septembre 2012 contre le consulat américain qui avait coûté la vie à quatre Américains, dont l'ambassadeur en Libye Chris Stevens, et l'attaque le 12 janvier contre le consul d'Italie.

Ces attentats sont généralement attribués aux islamistes radicaux, sévèrement réprimés sous Mouammar Kadhafi et qui tenteraient de se venger de leurs anciens bourreaux.

En raison de ces violences meurtrières, plusieurs missions diplomatiques et des organisations internationales comme les Nations unies ont réduit ou mis fin à leurs opérations à Benghazi. Le Royaume-Uni déconseille quant à lui depuis septembre 2012 à ses ressortissants de se rendre en Libye, notamment à Benghazi, à l'exception de la capitale Tripoli et de quelques autres villes de ce pays d'Afrique du Nord.

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(©AFP / 24 janvier 2013 20h56)