Le dirigeant du Nagorny Karabakh réélu sur fond de tensions


STEPANAKERT - Bako Sahakian a été réélu pour un deuxième mandat de cinq ans à la tête du Nagorny Karabakh, sur fond de tensions entre Bakou et Erevan dans cette région sécessionniste peuplée en majorité d'Arméniens et enclavée en Azerbaïdjan.

Selon des résultats préliminaires publiés vendredi par la commission électorale, le président sortant Bako Sahakian a recueilli 66,7% des voix, devançant largement son principal rival, Vitali Balassanian, un général à la retraite, qui a obtenu 32,5% à l'élection organisée la veille.

Le taux de participation s'est élevé à 73,4%.

Rattaché à l'Azerbaïdjan majoritairement musulman et turcophone pendant la période soviétique, le Nagorny Karabakh, qui compte 145.000 habitants, en majorité chrétiens, a proclamé unilatéralement son indépendance au début des années 1990, après une guerre qui a fait 30.000 morts et des centaines de milliers de réfugiés.

Un cessez-le-feu a été signé en 1994, mais des échanges de tirs se produisent régulièrement dans cette région caucasienne, où une vingtaine de soldats ont péri depuis fin 2011. Vendredi, un militaire azerbaïdjanais a été tué par un tireur embusqué arménien, selon Bakou.

L'Azerbaïdjan et l'Arménie n'arrivent pas à se mettre d'accord sur le statut de ce territoire dont l'indépendance n'est reconnue par aucun pays.

En organisant une élection libre et honnête, nous avons démontré au monde extérieur que nous sommes une démocratie, alors que l'Azerbaïdjan continue d'être un Etat autoritaire, a déclaré à l'AFP le porte-parole de M. Sahakian, David Babaïan.

L'Azerbaïdjan a pour sa part contesté la légitimité de ce scrutin.

L'+élection présidentielle+ est illégale et elle affecte de manière négative le processus de négociations sur le Nagorny Karabakh, a déclaré le porte-parole de la présidence azerbaïdjanaise, Ali Gassanov.

De son côté, le Groupe de Minsk de l'OSCE, médiateur pour le conflit du Nagorny Karabakh, a au contraire estimé que l'élection n'influerait pas sur la poursuite des pourparlers.

Ce scrutin ne préjuge en aucun cas du statut légal final du Nagorny Karabakh ou de l'issue des négociations en cours, a indiqué dans un communiqué l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE).

De son côté, le chef de la diplomatie européenne, Catherine Ashton, a fait savoir la veille du scrutin que l'UE ne reconnaîtrait pas cette élection et a appelé les parties à accroître leurs efforts pour trouver une solution négociée au conflit.

Une reprise des combats menacerait aussi des oléoducs stratégiques desservant l'Europe et pourrait entraîner dans les combats la Turquie, allié traditionnel de l'Azerbaïdjan, qui entretient des relations très difficiles avec l'Arménie.

(©AFP / 20 juillet 2012 14h48)