Le gaz de schiste pourrait créer au moins 100.000 emplois d'ici à 2020


PARIS - L'exploitation des gaz de schiste pourrait permettre de créer au moins 100.000 emplois en France d'ici à 2020, selon une projection effectuée par le cabinet SIA Conseil, de quoi alimenter le débat toujours enflammé sur cette source d'énergie très controversée.

Dans un communiqué, SIA Conseil explique s'être appuyé sur les estimations des réserves récupérables françaises de gaz non conventionnel (ou gaz de schiste) de l'agence américaine d'information sur l'énergie (EIA), soit 5.100 milliards de mètres cubes, et sur le retour d'expérience de l'exploitation à grande échelle des gaz de schiste aux Etats-Unis.

Le cabinet de conseil ajoute qu'en se basant sur des hypothèses conservatrices, l'exploitation des trois concessions françaises pour lesquelles des permis avaient été délivrés puis retirés l'an dernier (Montélimar, Nant et Villeneuve de Berg), hors zones naturelles et urbaines, permettrait de créer d'ici à 2020 au moins 4.000 emplois directs, et 6.000 indirects et induits liés à l'exploitation, soit 10.000 emplois en tout.

Ces trois concessions représentent 10% du potentiel français de gaz de schiste. En extrapolant, SIA Conseil estime donc à au moins 100.000 le nombre d'emplois qui pourraient être générés sur l'ensemble du territoire,

Notre analyse prend en compte les facteurs environnementaux, notamment en limitant le périmètre d'exploitation, afin de répondre aux arguments des défenseurs de l'environnement. En tout état de cause, l'importance des emplois créés et la dynamique de réindustrialisation induite devraient peser dans un débat qui aujourd'hui ne peut être tranché que par le politique, dans une vision responsable de l'avenir de notre économie, conclut le cabinet.

Cette étude devrait apporter de l'eau au moulin des industriels qui continuent de militer pour l'exploration et l'exploitation du gaz de schiste, un an après l'interdiction de la fracturation hydraulique, seule technique existant actuellement pour extraire les gaz de schiste des sous-sols et fortement contestée en raison des risques qu'elle présente pour les nappes phréatiques notamment.

D'autant qu'elle est publiée à l'ouverture de la conférence environnementale organisée vendredi et samedi à Paris par le gouvernement, où les gaz de schiste seront un des sujets les plus sensibles abordés.

(©AFP / 14 septembre 2012 10h43)