Le pétrole bondit à New York, aidé par la chute des stocks d'essence aux USA


NEW YORK - Le prix du pétrole coté à New York a bondi de plus de 2 dollars mercredi, profitant de la chute inattendue des stocks d'essence aux Etats-Unis et des spéculations sur une action prochaine de la Banque centrale européenne.

Le baril de light sweet crude (WTI) pour livraison en juin a gagné précisément 2,25 dollars sur le New York Mercantile Exchange (Nymex), à 91,43 dollars. C'est son plus haut niveau depuis le 11 avril.

A Londres, le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en juin a terminé à 101,73 dollars sur l'Intercontinental Exchange (ICE), en hausse de 1,42 dollar par rapport à la clôture de mardi.

Le marché américain a réagi au fort recul des réserves d'essence annoncé par le département américain de l'Energie en début de séance qui était vraiment une surprise, a relevé Michael Lynch, de Strategic Energy and Economic Research.

Les stocks d'essence, qui commencent à être très surveillés à l'approche de la saison estivale des grands déplacements en voiture, ont de fait diminué de 3,9 millions de barils -près de 10 fois plus qu'attendu par les experts interrogés par l'agence Dow Jones Newswires, lors de la semaine achevée le 19 avril.

C'est probablement temporaire et sans doute lié au fait que plusieurs raffineries ont eu quelques soucis sur la côte du golfe du Mexique mais pour l'instant, ça fait bondir les cours, a noté M. Lynch.

Les raffineries américaines ont en effet nettement ralenti la cadence, fonctionnant à 83,5% de leur capacité contre 86,3% la semaine précédente.

L'annonce d'une hausse légèrement moins forte qu'attendu des stocks de brut dans le pays était aussi de nature à aider le marché: ces réserves ont progressé de 900.000 barils, alors que les analystes tablaient sur une augmentation de 1,2 million de barils.

Les réserves de produits distillés ont de leur côté augmenté de 100.000 barils à 115,3 millions de barils, soit un peu moins que la hausse de 300.000 barils prévue par les analystes.

Toutes catégories confondues, les stocks pétroliers américains ont reculé de 1,9 million de barils.

Tout au long de la séance, les prix du pétrole ont aussi profité d'un regain d'appétit pour les actifs risqués, dont le brut fait partie, sur les places financières européennes, a noté Bob Yawger, de Mizuho Securities.

En effet, une série de mauvais chiffres économiques a rendu plus probable le scénario d'une baisse prochaine de son taux directeur par la BCE, la Banque centrale européenne, a-t-il estimé.

L'annonce mercredi d'un repli du baromètre Ifo du moral des chefs d'entreprise allemands ne faisait que renforcer ces anticipations sur de nouvelles mesures de relance en Europe.

Les opérateurs continuaient en outre de s'interroger sur une possible action concertée des membres de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) lors de leur prochaine réunion en mai, en vue de réduire leur offre pour soutenir les prix après le vif repli enregistré depuis début avril.

L'Opep, encore récemment, dépassait de 500.000 barils par jour son plafond de production fixé à 30 millions de barils par jour pour l'ensemble de ses 12 États-membres, et il faudra que l'organisation réduise clairement sa production pour limiter l'offre sur le marché mondial et empêcher un recul prononcé des cours, ont estimé les analystes de Commerzbank.

(©AFP / 24 avril 2013 21h21)