Le pétrole bondit à New York après la Fed et les stocks américains


NEW YORK - Les prix du pétrole coté à New York ont bondi mercredi dans un marché surpris par la décision de la Fed de maintenir le montant de ses aides à l'économie et après une baisse des stocks de brut américain.

Le baril de référence (WTI) pour livraison en octobre a bondi de 2,65 dollars sur le New York Mercantile Exchange (Nymex), pour clôturer à 108,07 dollars, selon les chiffres définitifs après arbitrages.

A Londres, le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en novembre a terminé à 110,60 dollars sur l'Intercontinental Exchange (ICE), en hausse de 2,41 dollars par rapport à la clôture de mardi.

Les marchés ont été pris de court par la décision de la Réserve fédérale (de maintenir ses aides à l'économie à 85 milliards de dollars, ndlr), souligne Phil Flynn, de Price Futures Group.

La Fed a annoncé mercredi qu'elle maintenait son soutien exceptionnel à la reprise économique, ainsi que son taux directeur proche de zéro, alors que les analystes s'attendaient à une modeste réduction des injections de liquidités en raison d'indicateurs économiques décevants ces derniers temps aux Etats-Unis.

La Fed va donc continuer d'acheter chaque mois pour 85 milliards de dollars de bons du trésor et de titres hypothécaires, jugeant qu'un resserrement actuel des conditions financières pourrait ralentir le rythme de la reprise de l'économie et du marché du travail.

L'impact (de la poursuite du programme accommodant de la Fed) est moindre pour le pétrole que pour les marchés actions, mais comme la politique de la Fed fait baisser le dollar, elle entraîne indirectement un renchérissement du baril, explique Phil Flynn.

Le pétrole étant libellé en dollar, un renforcement du billet vert rend le baril plus coûteux pour les acheteurs munis d'autres devises, et vice versa.

Le marché du pétrole a fortement réagi, alors qu'il était déjà sur une pente ascendante après la publication des stocks de brut américain mercredi matin, continue l'expert.

Les réserves de brut ont diminué de 4,4 millions de barils, à 355,60 millions, lors de la semaine achevée le 13 septembre, alors que les experts interrogés par l'agence Dow Jones Newswires misaient sur un recul de seulement 1,2 million de barils.

Deuxième source de hausse, l'arrivée massive d'argent frais sur les marchés a tendance à orienter les investisseurs vers les actifs plus risqués comme les matières premières.

Ces derniers jours, le marché du pétrole était plutôt prudent, l'attention étant portée sur la situation au Moyen-Orient. L'accalmie tant en Syrie qu'en Libye, où certains des champs pétrolifères fermés récemment ont rouvert cette semaine, avait permis au prix du brut de redescendre, après un plus haut en deux ans atteint en plein coeur de la tempête diplomatique autour de la Syrie au début du mois.

(©AFP / 18 septembre 2013 22h01)