Le pétrole clôture en baisse à New York, soulagé sur la Syrie


NEW YORK - Le pétrole coté à New York a fini en baisse vendredi, après qu'une réunion sur la Syrie a semblé renforcer la recherche d'une solution pacifique, dans un marché également suspendu à une décision sur la politique monétaire américaine.

Le baril de light sweet crude (WTI) pour livraison en octobre, a cédé 39 cents sur le New York Mercantile Exchange (Nymex), pour clôturer à 108,21 dollars.

A Londres, le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en octobre a terminé à 112,78 dollars sur l'Intercontinental Exchange (ICE) de Londres, en hausse de 15 cents par rapport à la clôture de jeudi.

Ce qui ressort de la réunion sur la Syrie (entre le secrétaire d'Etat américain John Kerry et le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov) montre que cela va prendre du temps et qu'il n'y plus de raisons de craindre une attaque imminente des Occidentaux contre le régime de Bachar al-Assad, estime John Kilduff, de Again Capital.

Washington et Moscou ont exprimé vendredi l'espoir qu'une avancée sur les armes chimiques de la Syrie favorise la tenue d'une conférence de paix.

Au deuxième jour de négociations américano-russes à Genève sur la mise sous contrôle de l'arsenal chimique syrien, John Kerry a précisé avoir convenu avec son homologue russe d'une nouvelle réunion à New York autour du 28 septembre, en marge de l'Assemblée générale annuelle des Nations unies.

Cette évolution de la situation envoie comme message l'idée que les tensions géopolitiques sur un plan plus large, au sein de la région (du Moyen-Orient) dans son ensemble, s'apaisent, note aussi Tim Evans, de la banque Citi.

La Syrie n'est qu'un petit pays producteur de pétrole (quelques dizaines de milliers de barils par jour) mais les marchés craignent qu'une intervention militaire dans ce pays n'entraîne des perturbations dans tout le Moyen-Orient, qui représente 35% des exportations pétrolières mondiales.

Montés à des sommets dans la perspective de frappes militaires américaines en Syrie, les cours sont brutalement redescendus en début de semaine à mesure que cette possibilité s'éloignait.

Une telle baisse pouvait aussi être renforcée par des opérateurs prenant des profits après la récente hausse des prix, selon David Madden, analyste chez IG.

Par ailleurs, note Bart Melek de TD Securities, l'offre de pétrole reste abondante alors même que la demande a tendance en cette saison à décroître aux Etats-Unis, premier consommateur mondial de brut, après les grands déplacements estivaux et avant les besoins de chauffage en hiver.

Autre raison pour le cours de baisser selon John Kilduff: Le plongeon du prix de l'or aujourd'hui a semblé accréditer un ralentissement des rachats d'actifs de la banque centrale américaine, destinés à soutenir la croissance des Etats-Unis, dès la prochaine réunion de l'institution la semaine prochaine.

Un tel durcissement de la politique monétaire américaine devrait éloigner les investisseurs des actifs jugés plus risqués comme le pétrole.

(©AFP / 13 septembre 2013 21h24)