Le pétrole creuse ses pertes à New York, dans un marché saisi d'anxiété


NEW YORK - Les cours du pétrole ont creusé leurs pertes jeudi à New York après une dégringolade la veille, dans un marché saisi d'une grande anxiété à la veille de la publication de chiffres mensuels sur l'emploi aux Etats-Unis.

Le baril de light sweet crude (WTI) pour livraison en mai a glissé de 1,19 dollar à 93,26 dollars, sur le New York Mercantile Exchange (Nymex), retrouvant des niveaux plus vus depuis fin mars.

A Londres, le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en mai a fini à 106,34 dollars sur l'Intercontinental Exchange (ICE) de Londres, en baisse de 77 cents par rapport à la clôture de mercredi. Il a glissé jusqu'à 105,73 dollars vers 15H00 GMT, un niveau plus vu depuis début novembre.

Après avoir subi des pertes spectaculaires mercredi, de près de trois dollars des deux côtés de l'Atlantique, les cours de l'or noir ont poursuivi leur chute jeudi, en réaction aux inquiétudes croissantes des opérateurs concernant la demande en brut du premier consommateur mondial.

Tout le monde se positionne avant le rapport mensuel sur l'emploi et le chômage américains à paraître vendredi, a relevé Tariq Zahir, de Tyche Capital Advisors.

Ce rapport officiel est considéré comme un baromètre de la vigueur économique du pays, premier consommateur de brut dans le monde.

Or, des chiffres terribles sur les inscriptions au chômage jeudi n'ont fait qu'accélérer la pression (au lendemain) de l'enquête ADP qui a montré mercredi un fort ralentissement des embauches dans le secteur privé en mars aux Etats-Unis, a noté Matt Smith, de Schneider Electric. Ils sont de très mauvais augure.

Pour la troisième semaine de suite, les nouvelles inscriptions au chômage ont augmenté contre toute attente aux Etats-Unis dans les derniers jours de mars, et ont atteint leur niveau le plus élevé depuis fin novembre.

La fermeture vendredi dernier à la suite d'une fuite d'un oléoduc transportant quelque 90.000 barils par jour de brut canadien du nord (Illinois) au sud des Etats-Unis, vers les raffineries du golfe du Mexique, au Texas, a créé les conditions en début de semaine d'une forte chute des prix, a estimé quant à lui Jason Schenker, de Prestige Economics.

En effet, cela laissait anticiper un engorgement croissant des réserves de brut, et l'annonce mercredi par les autorités américaines d'une nouvelle hausse des stocks la semaine passée, à leur plus haut niveau depuis juillet 1990 aux Etats-Unis, a précipité ce recul, a-t-il noté.

La surabondance d'or noir dans le pays est un indicateur peu encourageant pour les perspectives de demande énergétique du géant américain.

Cependant, la forte baisse des prix du baril entamée mercredi après l'annonce du gonflement des stocks américains de brut apparaît exagérée, ont tempéré les experts de Commerzbank, tout en reconnaissant que le marché n'en devrait pas moins rester sous pression à court terme.

De son côté, le PDG du groupe pétrolier français Total, Christophe de Margerie, a estimé qu'il n'y avait aucun changement de tendance sur le marché du pétrole.

Les prix ne vont ni chuter, ni continuer à augmenter. Je pense qu'on est dans une fourchette de 105-115 dollars par baril (pour le Brent coté à Londres, ndlr) et il n'y a pas de changement. Les prix du brut sont stables, a-t-il déclaré en marge d'une conférence du secteur pétrolier à Paris.

(©AFP / 04 avril 2013 21h45)