Le pétrole dégringole de près de 3 dollars à New York et à Londres


NEW YORK - Les prix du pétrole ont plongé de près de 3 dollars mercredi à New York comme à Londres, ébranlés par de mauvais indicateurs économiques américains et une hausse plus forte qu'attendu des stocks américains de brut, qui ravivaient les craintes sur la demande énergétique du pays.

Sur le New York Mercantile Exchange (Nymex), le baril de light sweet crude (WTI) pour livraison en mai a chuté de 2,74 dollars à 94,45 dollars, retrouvant un niveau plus vu en clôture depuis le 22 mars.

A Londres, le baril de Brent de la mer du Nord pour même échéance a plongé plus nettement, de 3,58 dollars à 107,11 dollars sur l'Intercontinental Exchange (ICE), tombant à des niveaux plus vus depuis le 2 décembre.

Les cours du brut, qui ont ouvert sous pression à la suite de la publication d'un chiffre plus morose que prévu dans le secteur de l'emploi aux Etats-Unis, ont accéléré leur baisse après l'annonce d'une nouveau gonflement des réserves de brut dans le pays.

Ces réserves ont atteint des niveaux incroyablement élevés, à leur plus haut depuis (juillet) 1990 et cette situation de surplus pèse considérablement sur le marché de l'or noir et accentue les craintes pour la demande en énergie du premier consommateur mondial de brut, a commenté John Kilduff, de Again Capital.

Le Département américain de l'Énergie (DoE) a en effet une nouvelle fois fait état d'une progression presque deux fois plus forte que prévu des stocks américains de brut lors de la semaine achevée le 29 mars, de 2,7 millions de barils, contre des attentes se situant autour de 1,5 million de barils seulement.

Ces stocks avaient déjà gonflé de 3,3 millions de barils la semaine précédente, soit cinq fois plus que prévu, nourrissant les inquiétudes sur la surabondance de pétrole aux États-Unis. Ces craintes ont été renforcées ces derniers jours par la fermeture prolongée de l'oléoduc américain Pegasus.

Peu de soulagement a été apporté par la baisse des stocks de produits pétroliers, tels que les produits distillés, et les réserves d'essence, qui n'ont pas reculé tant que cela, a ajouté M. Kilduff.

Les réserves d'essence ont diminué de 600.000 barils la semaine dernière, en ligne avec les attentes, et les réserves de produits distillés, qui comprennent le gazole et le fioul de chauffage, de 2,3 millions de barils, deux fois plus qu'anticipé.

Du côté des indicateurs économiques, aux Etats-Unis, le rapport ADP très décevant sur les embauches dans le secteur privé en mars a aussi pesé sur les cours, a ajouté Bart Melek, de TD Securities.

Les entreprises privées ont créé ce mois-là 158.000 emplois de plus qu'elles n'en détruisaient, un chiffre nettement inférieur aux attentes des analystes, qui misaient sur 197.000 créations nettes d'emploi.

La pression monte d'un cran avant vendredi à la sortie d'un rapport mensuel très attendu sur l'emploi et le chômage aux Etats-Unis, a commenté Carl Larry, de Oil Outlooks and Opinions. Tout signe montrant une faille dans l'armure du secteur de l'emploi américain, qui connaît une embellie progressive, serait un gros choc et provoquerait une correction sur les marchés financiers américains, selon lui.

Selon M. Melek, des informations faisant état d'une éventuelle avancée des discussions entre Téhéran et les puissances occidentales sur le programme nucléaire controversé ont également participé à cette baisse, en provoquant une baisse de la prime de risque sur les prix du brut.

(©AFP / 03 avril 2013 22h01)