Le pétrole dopé à New York par la peur d'une escalade des tensions en Syrie


NEW YORK - Les cours du pétrole coté à New York ont fini à leur plus haut niveau depuis quatre mois et demi vendredi, dopés par les craintes d'une montée des tensions au Moyen-Orient après l'annonce par les Etats-Unis de leur soutien aux rebelles syriens.

Le baril de light sweet crude (WTI) pour livraison en juillet a gagné 1,16 dollar pour terminer à 97,85 dollars sur le New York Mercantile Exchange (Nymex). Il faut remonter au 30 janvier pour trouver un prix supérieur, quand il avait clôturé à 97,94 dollars.

Le prix du WTI a grimpé en cours de séance jusqu'à 98,25 dollars, un cours plus atteint depuis le 17 septembre 2012.

Sur l'Intercontinental Exchange (ICE) de Londres, le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en août, dont c'est le premier jour d'utilisation comme contrat de référence, a terminé à 105,93 dollars, en hausse de 98 cents par rapport à la clôture de jeudi.

Il est monté en cours d'échange jusqu'à 106,64 dollars, un plus haut depuis début avril.

Principale raison de cet emballement: la Maison Blanche a durci le ton jeudi face à Damas, en accusant à son tour le régime syrien d'avoir utilisé des armes chimiques, et notamment du gaz sarin, dans sa guerre contre les rebelles.

Estimant qu'une ligne rouge avait été franchie, Washington a annoncé une augmentation de son aide à l'opposition armée syrienne, sans toutefois détailler ni annoncer clairement de livraisons d'armes.

Cette annonce fait craindre aux investisseurs une escalade des tensions (dans le pays), et surtout une propagation du conflit à d'autres zones du Moyen-Orient, importante zone de production de brut, a remarqué l'analyste indépendant Andy Lipow.

Selon Tim Evans de Citi, la tenue d'élections présidentielles en Iran peut aussi être considérée comme un facteur de risque, même si un changement de politique est peu probable, le guide suprême iranien Ali Khamenei restant fermement aux commandes.

Quelque 50,5 millions d'électeurs étaient appelés aux urnes vendredi pour élire le successeur du président Mahmoud Ahmadinejad, les premiers résultats partiels étant attendus samedi.

Les manifestations en Turquie, important pays de transit pétrolier, ou la baisse de la production en Libye étaient également de nature à faire craindre aux investisseurs une réduction de l'offre d'or noir.

La publication de statistiques maussades sur l'économie américaine a toutefois ralenti un peu la progression des cours.

Les acteurs du marché ont surtout été déçus par le recul de la confiance des consommateurs mesurée par l'Université du Michigan en juin, pas forcément un bon signe pour la demande de pétrole des États-Unis, premier consommateur d'or noir du monde, ainsi que par la stagnation de la production industrielle en mai.

(©AFP / 14 juin 2013 21h44)