Le pétrole en baisse à New York dans l'attente de la Fed


NEW YORK - Le pétrole coté à New York a fini en baisse mardi, dans un marché attendant sans enthousiasme l'issue de la réunion de la banque centrale américaine et constatant un début de reprise de la production en Libye.

Le baril de référence (WTI) pour livraison en octobre a reculé de 1,17 dollar sur le New York Mercantile Exchange (Nymex), pour clôturer à 105,42 dollars.

A Londres, le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en novembre a terminé à 108,19 dollars sur l'Intercontinental Exchange (ICE), en baisse de 1,88 dollar par rapport à la clôture de lundi.

Il ne s'est pas passé grand chose aujourd'hui pour le WTI. Trois jours après l'accord américano-russe sur la Syrie, le Moyen-Orient donne le sentiment d'une certaine stabilité, a commenté Bart Melek, de TD Securities.

La situation s'est également améliorée en Libye. Matt Smith, de Schneider Electric, observait ainsi l'effet sur les prix de la reprise hier (lundi) de la production sur deux champs pétrolifères en Libye, après des mois de conflit autour du pétrole dans ce pays.

Il s'agit du plus gros champ pétrolier libyen, selon Fawad Razaqzada, analyste chez GFT Markets, qui estime toutefois que les chances de retour à un niveau normal de production sont minces pour l'instant.

Un mouvement de protestation de gardes d'installations libyennes a entraîné depuis juillet la fermeture de nombreux terminaux pétroliers et la production de brut a chuté pendant un temps à moins de 100.000 barils par jour, selon des responsables libyens, contre 1,5 à 1,6 million de barils par jour en temps normal.

Le ministre adjoint du pétrole libyen a annoncé (mardi) matin que la production du pays était actuellement supérieure à 500.000 barils par jour, contre 150.000 barils par jour la semaine dernière, rapportaient les analystes de RAN Squawk.

Surtout, les investisseurs évitaient l'achat d'or noir, libellé en dollar, à une heure où doit se décider l'avenir des aides monétaires américaines. La Réserve fédérale a entamé mardi une réunion de deux jours au terme de laquelle elle devrait se prononcer sur les 85 milliards de dollars qu'elle injecte chaque mois actuellement dans le but de renforcer la reprise.

Si ces aides, sous forme de rachats d'actifs, devaient être réduites, cela pourrait d'une part éloigner les investisseurs des actifs risqués comme le pétrole et, d'autre part, renforcer le billet vert. Par conséquent, un durcissement monétaire pourrait faire descendre le prix du baril, devenu à la fois moins attractif pour les investisseurs et plus coûteux pour ceux munis d'autres devises.

Les investisseurs se positionnent aujourd'hui en retrait, notamment vis-à-vis des achats d'actifs risqués comme le pétrole, en attendant de savoir combien, quand, à quelle vitesse la Fed va réduire ses aides, a ainsi expliqué Carl Larry, de Oil Outlooks and Opinion.

Ils ne sont pas convaincus qu'une hausse du prix du baril puisse arriver prochainement, donc on assiste à des liquidations des paris à la hausse en ce moment, a poursuivi Bart Melek.

(©AFP / 17 septembre 2013 22h09)