Le pétrole en net recul à New York, dans un marché inquiet pour la demande


NEW YORK - Les cours du pétrole ont terminé en net recul à New York et à Londres vendredi, dans un marché s'inquiétant des conséquences de l'entrée en vigueur de coupes drastiques dans le budget américain sur la demande en brut, et miné par des indicateurs ternes de la Chine à l'Europe.

Le baril de light sweet crude (WTI) pour livraison en avril a cédé 1,37 dollar à 90,68 dollars, après être tombé à 90,04 dollars, son plus bas niveau depuis fin décembre, sur le New York Mercantile Exchange (Nymex).

A Londres, le baril de Brent de la mer du Nord pour même échéance a fini à 110,40 dollars sur l'Intercontinental Exchange (ICE) de Londres, en baisse de 98 cents par rapport à la clôture de jeudi, après être tombé à 109,82 dollars, son plus bas niveau depuis six semaines.

Les cours du pétrole ont cédé à la pression des inquiétudes croissantes concernant la demande (en brut) alors que l'entrée en vigueur des coupes automatiques dans le budget américain devrait se faire ressentir dès les prochaines semaines, a indiqué Andy Lipow, de Lipow Oil Associates.

Ces restrictions budgétaires prévues pour s'étaler sur près de neuf ans devaient entrer en vigueur avant 23h59 vendredi à Washington (04h59 GMT samedi). Elles pourraient contraindre des centaines de milliers de fonctionnaires à prendre des congés sans solde.

Les économistes estiment qu'elles devraient faire perdre cette année au pays environ 0,5 point d'un croissance économique qu'ils pensaient jusque-là devoir se situer autour de 2,0%.

D'autre part, une salve d'indicateurs peu brillants, de la Chine à la zone euro, ont accentué ce trébuchage et décrochage du marché du brut, a souligné Matt Smith, de Schneider Electric.

En Chine, la production manufacturière est tombée à son plus bas niveau en cinq mois en février, n'affichant une progression que marginale, selon un indicateur publié vendredi par le gouvernement, ce qui inquiétait les opérateurs sur les perspectives de croissance du deuxième consommateur de brut au monde.

L'annonce d'une nouvelle contraction de l'activité du secteur manufacturier en février dans la zone euro et de la hausse du taux de chômage dans la région à un nouveau record, à 11,9% en janvier, a également fortement pesé sur le moral du marché.

Dans ce contexte, le dollar a repris de la vigueur, car il est perçu comme une valeur refuge dans un environnement risqué, ce qui intensifiait la chute des cours de brut, libellés dans cette devise, a expliqué M. Ilczyszyn.

En effet une hausse du billet vert les rend moins intéressants pour les acheteurs munis d'autres monnaies.

Du côté de l'approvisionnement, la production continue de progresser aux Etats-Unis, a souligné M. Lipow.

Outre une nouvelle progression des stocks hebdomadaires, le département de l'Energie américain (DoE) a en effet fait état cette semaine d'une hausse de la production de brut en 2012 de près de 15% par rapport à l'année précédente, s'établissant à son plus haut en 17 ans, a relevé Matt Smith.

(©AFP / 01 mars 2013 21h22)