Le pétrole finit en baisse à New York grâce à l'accord sur la Syrie


NEW YORK - Les prix du pétrole coté à New York ont fini en baisse lundi, poursuivant leur repli après la conclusion de l'accord américano-russe sur l'arsenal chimique syrien qui a éloigné davantage la perspective d'une intervention militaire occidentale.

Le baril de light sweet crude (WTI) pour livraison en octobre, a reculé de 1,62 dollar sur le New York Mercantile Exchange (Nymex), pour clôturer à 106,59 dollars.

A Londres, le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en novembre a terminé à 110,07 dollars sur l'Intercontinental Exchange (ICE), en baisse de 1,63 cents par rapport à la clôture de vendredi.

Le marché réagit essentiellement aujourd'hui à l'accord sur la Syrie, qui reporte indéfiniment une éventuelle attaque aux missiles contre les forces du régime de Bachar al-Assad, estime Andy Lipow, de Lipow oil Associates.

Après trois jours de discussions, le secrétaire d'Etat américain John Kerry et son homologue russe, Sergueï Lavrov - dont les pays soutiennent des protagonistes différents du conflit syrien - sont tombés d'accord samedi sur un cadre prévoyant la destruction de l'arsenal chimique syrien d'ici à mi-2014.

Cet accord, auquel le dirigeant syrien a promis de se conformer, a éloigné une menace immédiate de frappes envisagées par Washington et ses alliés contre le régime syrien, accusé d'avoir mené le 21 août près de Damas une attaque à l'arme chimique qui a fait des centaines de morts.

L'avenir de la Syrie n'est peut-être pas tout rose, et nous avons vu la déception de l'opposition syrienne sur cet accord, mais les chances d'éviter des frappes militaires ont en tout cas augmenté ces derniers jours, note aussi Tim Evans, analyste à la banque Citi.

Une telle perspective de frappes avait porté, voici un peu plus d'une semaine, les prix du brut à leur plus haut niveau depuis deux ans. La Syrie est un petit producteur de pétrole mais le marché craignait une contagion des troubles à l'ensemble du Moyen-Orient, région d'où proviennent 35% des exportations mondiales de brut.

Depuis, la recherche d'une sortie pacifique au conflit a apaisé les craintes, et réduit la prime de risque géopolitique appliquée au baril, au moins temporairement.

La semaine dernière a vu la plus forte baisse des prix du WTI depuis le mois de juillet, et ils continuent sur cette lancée aujourd'hui, selon Robert Yawger, de Mizuho Securities USA.

Mais des inquiétudes continuent de peser sur l'approvisionnement, notamment sur le pétrole venant de Libye, ajoute Andy Lipow pour expliquer pourquoi les prix n'ont pas baissé encore davantage.

En Libye, le gouvernement est en conflit avec des gardes de terminaux pétroliers depuis le mois de juillet, ce qui a conduit à la fermeture de plusieurs terminaux.

La production du brut a par conséquent chuté à moins de 100.000 barils par jour, selon des responsables libyens, alors qu'elle s'établit hors période de conflit autour de 1,5 à 1,6 million de barils par jour.

D'autres problèmes d'approvisionnements au Nigeria, en Irak et dans la mer du Nord 3 (pour des raisons de maintenance, ndlr) permettaient également de maintenir le prix du brut à un niveau relativement élevé, souligne-t-on chez Commerzbank.

(©AFP / 16 septembre 2013 21h33)