Le pétrole finit en hausse à New York, relativisant le cas chypriote


NEW YORK - Les prix du pétrole ont fini en légère hausse lundi à New York après une ouverture en forte baisse, le marché relativisant le risque posé par une taxe exceptionnelle sur les dépôts bancaires à Chypre en échange d'un plan de sauvetage, et son impact possible en zone euro.

Le baril de light sweet crude (WTI) pour livraison en avril a avancé de 29 cents à 93,74 dollars sur le New York Mercantile Exchange (Nymex).

A Londres, le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en mai, dont c'était le deuxième jour d'utilisation comme contrat de référence, a terminé en baisse de 31 cents par rapport à la clôture de vendredi, à 109,51 dollars sur l'Intercontinental Exchange (ICE). Il était tombé plus tôt jusqu'à 107,78 dollars, son plus bas niveau depuis trois mois.

Les cours de l'or noir, qui ont plongé à New York d'environ 1,70 dollar peu après l'ouverture dans le sillage des marchés financiers mondiaux, sur des craintes liées à un plan de sauvetage controversé de Chypre, un membre de la zone euro, ont effacé l'intégralité de leurs pertes en cours d'échanges.

Les cours ne sont pas tombés sous des seuils techniques importants, ce qui aurait pu provoquer une accélération de leur chute, et ils se sont repris comme les marchés des actions, a précisé Bill Baruch, de iiTrader, qui a évoqué une réaction un peu exagérée le matin.

La zone euro et le Fonds monétaire international (FMI) se sont accordés sur le versement d'un maximum de 10 milliards d'euros d'aide à Chypre en échange d'une taxe exceptionnelle sur les dépôts bancaires qui rapportera près de 6 milliards.

Elle doit être de 6,75% sur les dépôts bancaires en-deçà de 100.000 euros et de 9,9% au-delà de ce seuil, et a suscité à la fois grogne à Nicosie et effarement sur les places financières.

Mais il semble que des ajustements soient en cours et que les petits épargnants ne seront pas aussi touchés que prévu, a commenté Bob Yawger, de Mizuho Securities.

Les autorités chypriotes travaillent en effet à une nouvelle proposition pour limiter l'impact de cette taxe pour les petits déposants.

Ces travaux ont instillé un peu plus de confiance sur les marchés et cela a un peu relâché la pression sur les actifs risqués, comme les matières premières, selon M. Yawger.

D'autre part, les craintes selon lesquelles ces mesures puissent être imposées à des économies de la zone euro autrement plus importantes comme l'Espagne ou l'Italie, en cas de nécessité de sauvetage, ne sont plus aussi vives, selon M. Baruch. Les courtiers se sont un peu rassurées en se disant que le cas de Chypre était assez isolé, a-t-il poursuivi.

Dans ce contexte de craintes sur la zone euro, la baisse de l'euro face au dollar a toutefois freiné le rebond des cours pétroliers.

En effet, plus le billet vert se renchérit, moins les achats de matières premières libellées dans cette monnaie sont intéressants pour les acheteurs munis d'autres devises.

Par ailleurs, la nouvelle de la fermeture d'un oléoduc en Libye a donné un léger coup de pouce aux cours pétroliers, en raison de craintes d'une perturbation de l'offre en brut dans la région, a ajouté M. Yawger.

(©AFP / 18 mars 2013 20h45)