Le pétrole finit en net recul à New York, plombé par les craintes sur Chypre


NEW YORK - Les prix du pétrole ont terminé la séance en nette baisse mardi à New York, plombés par les craintes des investisseurs de voir la situation à Chypre se traduire par une baisse de la demande énergétique en Europe et par le recul de la monnaie européenne face au dollar.

Le baril de light sweet crude (WTI) pour livraison en avril a perdu 1,58 dollar sur le New York Mercantile Exchange (Nymex) pour s'établir à 92,16 dollars.

A Londres, le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en mai a terminé à 107,45 dollars sur l'Intercontinental Exchange (ICE), en baisse de 2,06 dollars par rapport à la clôture de lundi et à son plus bas niveau en trois mois.

La crise chypriote pèse sur le marché, qui se demande quelles seront ses conséquences sur les économies d'autres pays européens et sur leur demande énergétique, a relevé l'analyste indépendant Andy Lipow.

Les bailleurs de fonds de Chypre avaient trouvé samedi un accord sur un plan de sauvetage visant à éviter la faillite de l'île en échange d'une taxe exceptionnelle sur les dépôts bancaires, qui a soulevé un tollé.

Mais le Parlement chypriote a rejeté mardi ce projet, très impopulaire, faisant craindre un défaut de paiement du pays.

Cette situation faisait aussi reculer l'euro face au dollar. Or un renchérissement du billet vert, monté mardi à son plus haut niveau depuis fin novembre face à la monnaie unique, contribuait à rendre moins attractifs les achats de brut libellés dans la monnaie américaine pour les investisseurs munis d'autres devises.

Les cours du brut américain se sont aussi enfoncés face à l'abondance de l'offre de pétrole dans le monde.

La production de brut en mer du Nord est à son plus haut niveau en dix mois et on devrait aussi voir revenir sur le marché le pétrole du Sud-Soudan, a relevé M. Kilduff.

Le gouvernement de ce pays a en effet ordonné jeudi aux compagnies pétrolières opérant sur son territoire de reprendre leur production, qu'il avait fait arrêter en janvier 2012 en raison d'un conflit avec le Soudan voisin sur les redevances de passage du brut dans ses oléoducs.

Parallèlement, la production pétrolière aux Etats-Unis continue d'augmenter et le Département américain de l'Énergie (DoE) devrait faire état mercredi dans son rapport hebdomadaire d'une nouvelle hausse des stocks américains de brut sur la semaine achevée le 15 mars.

Selon les analystes interrogés par l'agence Dow Jones Newswires, ces stocks, qui se sont gonflés de près de 23 millions de barils au cours des huit semaines précédentes, devraient encore augmenter de 1,1 million de barils.

En revanche, les réserves d'essence sont attendues en baisse de 2,1 millions de barils et celles de produits distillés (dont le gazole et le fioul de chauffage) en recul de 1,3 million de barils.

Le regain d'inquiétudes sur Chypre et cette abondance de l'offre éclipsaient des indicateurs encourageants aux États-Unis, dont un rebond des mises en chantier de logement en février.

(©AFP / 19 mars 2013 20h59)