Le pétrole miné à New York par la vigueur du dollar et les discussions sur l'Iran


NEW YORK - Les cours du pétrole new-yorkais ont reculé jeudi, minés par le rebond du dollar après l'annonce surprise d'une baisse du taux directeur de la Banque centrale européenne (BCE) et de bons chiffres américains et par l'avancée de négociations avec l'Iran.

Le baril de light sweet crude (WTI) pour livraison en décembre a cédé 60 cents pour terminer à 94,20 dollars.

A Londres, le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison à même échéance a terminé à 103,46 dollars sur l'Intercontinental Exchange (ICE) de Londres, en baisse de 1,78 dollar par rapport à la clôture de mercredi.

Le prix du WTI a subi une légère correction après avoir grimpé la veille de près de 1,50 dollar, selon Carl Larry de Oil Outlooks and Opinion.

Il a surtout pâti en début de séance de l'annonce par la BCE d'une baisse de son principal taux directeur à 0,25%.

Cette annonce a pris au dépourvu nombre d'investisseurs et a provoqué une chute soudaine de l'euro face au dollar, à son plus bas depuis mi-septembre.

Or, le renchérissement du dollar rend moins attractif le baril coté dans la monnaie américaine pour les investisseurs munis d'autres devises.

Le billet vert a par la suite été encore renforcé par de bonnes nouvelles sur la santé de l'économie américaine.

Le produit intérieur brut (PIB) a d'une part progressé plus que prévu au troisième trimestre, tiré par la consommation et les investissements privés: il a crû de 2,8% de juillet en septembre en rythme annualisé, marquant une amélioration par rapport à 2,5% enregistrés au deuxième trimestre et 1,1% sur les trois premiers mois de l'année.

Les inscriptions hebdomadaires au chômage ont d'autre part reculé aux Etats-Unis pour la quatrième semaine d'affilée la semaine dernière, de 2,6% alors que les analystes tablaient sur un recul moins marqué de 1,5%.

Les acteurs du marché pétrolier ont par ailleurs gardé un oeil sur l'évolution des discussions entre les puissances occidentales et l'Iran sur son programme nucléaire.

Elles semblent aller dans une bonne direction, on parle d'une levée de certaines sanctions économiques, remarque Bart Melek de TD Securities. Au final, cela pourrait aussi se traduire par le retour sur le marché international du brut iranien, actuellement soumis à un embargo par les puissances occidentales.

Le ministre iranien des Affaires étrangères, Mohammad Javad Zarif, interrogé par CNN, a déjà jugé jeudi qu'un accord iranien était possible avant de clore vendredi soir les discussions en cours à Genève.

Le marché a par ailleurs continué à digérer les chiffres du département américain de l'Energie sur les stocks de produits pétroliers aux Etats-Unis publiés mercredi.

L'annonce d'un fort recul des réserves de produits raffinés (produits distillés et essence) avait contribué la veille au rebond du prix du baril de WTI. Mais l'offre de brut reste abondante et cela devrait continuer à faire pression sur les prix, estime Phil Flynn de Price Futures Group.

Les réserves de brut ont de fait une nouvelle fois augmenté la semaine dernière dans le pays pour la septième semaine de suite: elles ont grimpé de près de 30 millions de dollars depuis mi-septembre.

(©AFP / 07 novembre 2013 21h34)