Le pétrole plombé à New York par la forte hausse des stocks aux USA


NEW YORK - Les cours du pétrole new-yorkais ont reculé pour la troisième séance consécutive mercredi, pâtissant de l'annonce d'une forte hausse des stocks de brut aux Etats-Unis, premier consommateur mondial d'or noir.

Le baril de light sweet crude (WTI) pour livraison en décembre, dont c'est le premier jour de cotation comme valeur de référence, a clôturé en baisse de 1,44 dollar sur le New York Mercantile Exchange (Nymex), à 96,86 dollars, son plus bas niveau depuis le 28 juin.

A Londres, le baril de Brent de la mer du Nord pour la même échéance a terminé à 107,80 dollars sur l'Intercontinental Exchange (ICE), en baisse de 2,17 dollar par rapport à la clôture de mardi.

Le département américain de l'Énergie (DoE) a fait état mercredi d'une hausse de 5,2 millions de barils des stocks de brut aux États-Unis lors de la semaine achevée le 18 octobre.

C'est trois fois plus que prévu par les analystes, qui tablaient sur une augmentation de 1,7 million de barils. Surtout, cela porte à plus de 24 millions de barils la progression des réserves de brut dans le pays au cours des cinq dernières semaines, ce qui reflète souvent une certaine faiblesse de la demande.

Surveillées de près par les courtiers, les réserves de brut à Cushing (Oklahoma) servant de référence au WTI, se sont de leur côté affichées en hausse pour la deuxième semaine consécutive, de 300.000 barils à 33,3 millions de barils.

Les derniers chiffres du DoE ne représentent toutefois pas une surprise totale, selon Michael Lynch de Strategic Energy and Economic Research. Une hausse des stocks n'est pas étonnante en cette période de l'année, entre les raffineries qui ne tournent pas à plein en raison de travaux de maintenance, la fin de la saison des ouragans et les Américains qui conduisent moins, explique-t-il.

Parallèlement, les Etats-Unis ne cessent de produire plus de pétrole grâce aux nouvelles techniques d'extraction: la semaine dernière, quelque 7,896 millions de barils par jour ont été tirés, un niveau record depuis mars 1989.

Les cours du brut sont également minés par la nervosité des investisseurs sur l'état de l'économie américaine, remarque Michael Lynch. Ils redoutent de voir un ralentissement de la croissance jusqu'à la fin de l'année, qui pourrait in fine conduire à une moindre demande de produits pétroliers.

Un mouvement technique participe aussi au recul du baril du WTI: Depuis que le prix du baril est repassé sous la barre des 100 dollars lundi, on ne cesse de reculer, relève Robert Yawger de Mizuho Securities USA. Cela a déclenché automatiquement des ventes pour certains investisseurs, estime-t-il.

(©AFP / 23 octobre 2013 21h36)