Le pétrole termine en baisse pour la 5e séance de suite à New York


NEW YORK (New York) - Les cours du pétrole coté à New York ont terminé en baisse pour la cinquième séance consécutive jeudi, de nouveau minés par la perspective d'un ralentissement prochain de l'aide de la Banque centrale américaine (Fed) à l'économie des États-Unis.

Le baril de light sweet crude (WTI) pour livraison en septembre a cédé 97 cents pour s'établir à 103,40 dollars, sur le New York Mercantile Exchange (Nymex).

A Londres, le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en septembre a terminé à 106,68 dollars sur l'Intercontinental Exchange (ICE), en baisse de 76 cents par rapport à la clôture de mercredi.

Le prix du WTI a nettement grimpé depuis fin juin et certains investisseurs ont l'impression que le marché est sur-évalué, selon David Bouckhout de TD Securities.

Il manque de nouveaux éléments haussiers qui pourraient contrecarrer les spéculations sur un ralentissement des mesures de soutien de la Fed dès le mois prochain, a-t-il ajouté.

Cette aide a tendance à soutenir les investissements dans les actifs à risque, tel que le pétrole et la perspective de son amenuisement rend les courtiers fébriles.

Certains investisseurs craignent aussi que l'économie américaine ne soit pas capable de croître à un rythme suffisant sans cette béquille et que cela n'affecte par ricochet la consommation énergétique des États-Unis, premier consommateur mondial d'or noir.

L'hypothèse d'un resserrement prochain de la politique monétaire américaine a été renforcée par les derniers chiffres sur l'emploi, particulièrement surveillés par la Fed: les nouvelles inscriptions hebdomadaires au chômage ont légèrement augmenté la semaine dernière aux États-Unis, mais moins qu'attendu par les analystes.

De façon générale, les investisseurs pariant à la hausse sur le marché pétrolier commencent à perdre espoir alors que les prix de l'ensemble des produits pétroliers semblent prêts à dégringoler, a relevé Phil Flynn de Price Futures Group.

Même un bond record de 19,6% sur un an des importations chinoises de brut n'est pas parvenu pas à maintenir les cours en hausse, a-t-il remarqué.

Toutefois, cette forte hausse des importations pétrolières chinoises était plus due à une nécessité de reconstituer les stocks qu'à la demande elle-même, ont tempéré les analystes de Commerzbank.

Le marché pétrolier a par ailleurs continué de digérer les statistiques pétrolières hebdomadaires américaines délivrées mercredi.

Les stocks de brut ont certes reculé de 1,3 million de barils, mais ce chiffre était conforme aux attentes et surtout le département de l'Énergie a fait état d'une hausse de la production de pétrole brut aux États-Unis à son plus haut niveau depuis fin 1989.

Parallèlement, les exportations en provenance de la mer du Nord ont atteint un plus haut en sept mois, ce qui pèse sur les prix du Brent et par ricochet sur le WTI coté à New York, a remarqué Matt Smith de Schneider Electric.

L'apaisement des tensions géopolitiques au Moyen-Orient a aussi pesé sur les cours du brut, ont souligné les experts du courtier Marex Spectron.

Le nouveau président iranien, Hassan Rohani, a déclaré mardi être prêt à reprendre les négociations sans perte de temps avec les grandes puissances pour résoudre la crise du nucléaire.

Si les discussions reprenaient, cela permettrait de lever plus rapidement les sanctions économiques (dont un embargo sur les exportations de pétrole) imposées par les pays occidentaux, qui soupçonnent l'Iran de vouloir obtenir l'arme atomique sous couvert de son programme nucléaire civil.

De plus, les autorités du Yémen ont également aidé à alléger les tensions géopolitiques en affirmant (mercredi) avoir mis en échec un plan d'Al-Qaïda de s'emparer de seize installations pétrolières majeures dans le pays, a rappelé Andrey Kryuchenkov, chez VTB Capital.

(©AFP / 08 août 2013 21h47)