Le pétrole termine en hausse à New York, aidé par l'emploi américain


NEW YORK - Les cours du pétrole ont terminé en légère hausse vendredi à New York, dans un marché bénéficiant d'un regain d'optimisme sur la demande en brut après des signes d'amélioration de l'emploi américain, en dépit d'une forte hausse du dollar qui pesait sur les achats d'or noir.

Le baril de light sweet crude (WTI) pour livraison en avril s'est apprécié de 39 cents à 91,95 dollars, sur le New York Mercantile Exchange (Nymex).

A Londres, le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en avril a fini, en revanche, à 110,85 dollars sur l'Intercontinental Exchange (ICE), en baisse de 30 cents par rapport à la clôture de jeudi.

A l'issue d'une séance indécise en dépit de la diffusion de chiffres du chômage et de l'emploi bien meilleurs que prévu aux Etats-Unis, les cours du brut ont terminé en territoire positif.

Ces statistiques ont fait exploser les attentes, et ont donné au marché de très bonnes perspectives sur l'économie américaine. La création de plus d'emplois se traduit par une meilleure demande en brut, a déclaré Phil Flynn, de Prices Futures Group.

Les embauches ont en effet connu un net coup d'accélérateur en février aux Etats-Unis, le pays créant 236.000 emplois de plus qu'il n'en détruisait ce mois-là, alors que les analystes attendaient 165.000 embauches nettes seulement.

Autre coup de fouet, le taux de chômage officiel est tombé contre toute attente à 7,7%, son niveau le plus faible depuis décembre 2008, même si ce recul a été amplifié par une nette baisse de la population active.

Pour autant, le marché a peiné à se hisser dans le vert durant une majeure partie de la séance, une conséquence, selon certains, des craintes accrues de voir changer la politique monétaire extrêmement accommodante aux Etats-Unis.

Ces chiffres sont à double tranchant, d'un côté ils promettent une bonne demande, de l'autre, ils laissent entrevoir la fin anticipée de la politique de l'argent facile, a estimé Phil Flynn, ce qui pourrait à terme rendre les achats de brut moins attractifs.

Mais pour Andy Lipow, de Lipow Oil Associates, au vu des dernières déclarations rassurantes de la Banque centrale américaine (Fed), il faudrait vraiment plusieurs mois de bons rapports de ce type pour qu'une évolution (de la politique monétaire des Etats-Unis) puisse être envisagée sérieusement.

Selon lui, c'est plutôt la hausse du dollar consécutive à l'annonce des bons chiffres de l'emploi américain qui a provoqué le recul momentané des cours du brut vendredi.

En effet, encouragés par les perspectives de reprise de la première puissance économique mondiale, les investisseurs se sont dirigés vers le billet vert, faisant monter ses cours face aux autres devises.

Ce mouvement a pénalisé les matières premières, comme le brut, libellées en dollars, les rendant moins attractives pour les acheteurs munis d'autres devises.

A l'inverse, le Brent échangé à Londres a cédé sous la pression de la réouverture jeudi d'un système d'oléoducs dans la mer du Nord, fermé durant cinq jours après la découverte samedi d'une fuite d'hydrocarbures sur une plateforme pétrolière.

(©AFP / 08 mars 2013 21h22)