Le régime syrien menace la stabilité confessionnelle régionale


ISTANBUL - Le régime de Bachar al-Assad n'est pas seulement une source d'instabilité en Syrie mais menace d'attiser les conflits confessionnels dans la région, a déclaré le vice-président américain Joe Biden, en visite en Turquie, cité samedi par son service de presse.

M. Biden a aussi souligné sa conviction, que partagent les Turcs, que Assad et son régime sont actuellement la source d'instabilité en Syrie et posent le plus grand risque d'attiser les conflits confessionnels, pas seulement en Syrie mais au-delà, a rapporté son service de presse, rendant compte d'une discussion informelle avec la presse dans l'avion qui transportait M. Biden d'Ankara à Istanbul, vendredi soir.

Les Etats-Unis et la Turquie ont indiqué craindre une guerre civile en Syrie où le mouvement de contestation du régime a fait 4.000 morts depuis mars, selon l'ONU.

La Turquie s'inquiète par ailleurs des répercussions de la crise syrienne sur son sol, les deux pays comptant d'importantes minorités ethniques et confessionnelles très proches, notamment kurde.

L'objectif numéro un est que le régime cesse de tuer ses propres citoyens et que Assad quitte le pouvoir, a ajouté M. Biden, suite à un entretien avec le président Abdullah Gül, réitérant des déclarations faites les jours précédents.

La position des Etats-Unis sur la Syrie est claire: le régime syrien doit mettre fin à la répression à l'encontre de son propre peuple et le président Assad doit quitter son poste, avait ainsi déclaré M. Biden au journal turc Hürriyet, avant son arrivée jeudi dans la capitale turque.

M. Biden a par ailleurs estimé que l'Iran est de plus en plus isolé dans la région, selon la même source.

Le vice-président a estimé que l'influence iranienne dans la région décroît et que l'isolement iranien augmente du fait des actes scandaleux commis par l'Iran, citant son refus de se mettre en règle avec son programme nucléaire, ses violations du traité de non-prolifération (nucléaire), sa tentative d'assassiner l'ambassadeur saoudien à Washington, l'attaque contre l'ambassade britannique à Téhéran, la menace contre la Turquie et le système de radar de l'Otan, etc.

Le général iranien Amir Ali Hajizadeh, commandant des forces aériennes des Gardiens de la Révolution, a averti fin novembre que, si l'Iran était menacé, les forces armées iraniennes comptaient d'abord prendre pour cible le bouclier de défense antimissile de l'Otan en Turquie avant de passer ensuite à d'autres cibles.

La Turquie a accepté l'an dernier l'installation dans le sud-est de son territoire d'un système radar d'alerte précoce dans le cadre du bouclier antimissile de l'Otan, destiné, selon les Etats-Unis, à faire face aux menaces d'attaques de missiles venant du Moyen-Orient, en particulier d'Iran.

L'installation de ce système radar a empoisonné les relations entre Ankara et Téhéran, qui étaient au beau fixe depuis plusieurs années.

(©AFP / 03 décembre 2011 10h31)


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