Les banques suspendent les négociations sur la dette de la Grèce


WASHINGTON - Les banques ont annoncé vendredi qu'elles suspendaient leurs négociations avec Athènes sur les modalités de la restructuration de la dette publique de la Grèce, et ont laissé entendre qu'elles pourraient revenir sur leur engagement à en effacer volontairement une grande partie.

L'Institut de la finance internationale (IIF) écrit dans un communiqué que, en dépit des efforts des dirigeants grecs, la proposition des banques d'abandonner 50% de la dette de l'Etat grec en leur possession, n'a pas abouti à une réponse ferme et constructive de la part de toutes les parties.

Dans ces conditions, les discussions avec la Grèce [...] sont suspendues pour permettre une réflexion sur les bénéfices d'une approche volontaire ajoute ce texte publié au nom de l'Américain Charles Dallara, directeur général de l'IIF, et du Français Jean Lemierre.

La notion d'approche volontaire fait référence à l'accord qui avait été conclu les 26 et 27 octobre entre les créanciers privés de la Grèce et les dirigeants de la zone euro. Les premiers s'étaient alors engagés à renoncer d'eux-mêmes à recouvrer environ 100 milliards d'euros sur leurs créances afin d'éviter une faillite désordonnée du pays.

Quelques minutes après l'annonce des banques, une source proche des négociations a dit à l'AFP à Athènes que celles-ci traversaient un état de tension extrême, et que les parties impliquées devaient prendre conscience de la très grave situation pour éviter le pire.

L'annonce des banques est tombée quelques heures après qu'une source gouvernementale grecque eut déclaré que les négociations allaient se poursuivre, selon toute probabilité mercredi prochain.

La presse grecque rapportait vendredi que les négociations butent notamment sur les taux d'intérêt réclamés par les banques et jugés excessifs côté grec.

Selon le quotidien Kathimérini, les négociateurs représentant le secteur privé réclament pour les nouvelles obligations qu'ils recevront en échange de leurs anciens titres des taux d'intérêt autour de 5%, la partie grecque ne consentant, elle, qu'à une rémunération autour de 4%.

M. Dallara et Lemierre étaient vendredi à Athènes, où ils ont rencontré à plusieurs reprises le Premier ministre grec Lucas Papademos et son ministre des Finances, Evangelos Vénizélos, ces jours-ci.

Nous espérons vraiment, pour le bien de la Grèce et de la zone euro, que la première, avec le soutien de la seconde, sera en mesure de renouer le dialogue de manière constructive avec le secteur privé avec pour objectif de mettre au point définitivement un accord d'échange de dette mutuellement acceptable, conformément à l'accord du 27 octobre, écrivent-ils.

(©AFP / 13 janvier 2012 17h13)