Les présidents de Bosnie, de Croatie et de Serbie discutent de la coopération


JAHORINA (Bosnie-Herzégovine) - Les présidents de Bosnie, de Croatie et de Serbie ont discuté vendredi à Jahorina, près de Sarajevo, de l'amélioration de la coopération régionale, notamment dans les dossiers de crimes de guerre, dans la lutte contre le crime organisé et dans l'absorption commune des fonds européens.

Les présidents croate, Ivo Josipovic, et serbe, Boris Tadic, se sont mis d'accord pour demander aux gouvernements de leurs pays de signer un accord bilatéral sur la coopération judiciaire dans les procès portant sur des crimes de guerre commis au cours des conflits des années 1990.

Après la signature de cet accord, les personnes inculpées de crimes de guerre seront jugées dans leur pays de résidence, a-t-on expliqué.

Dans tous nos pays (dans la région des Balkans, ndlr), des progrès sérieux ont été faits en matière de qualité des procès pour crimes de guerre, a déclaré M. Josipovic.

J'ai évoqué avec M. Tadic cet accord bilatéral (...) Nous pensons que c'est très important, d'une part pour rendre les poursuites pour crimes de guerre plus efficaces, et aussi pour éviter la politisation des procès, a-t-il expliqué.

La justice serbe avait envoyé à Zagreb en septembre 2011 des actes d'accusation pour génocide et révolte armée pendant la guerre serbo-croate (1991-95), dressé contre un groupe de responsables ou d'anciens responsables politiques ainsi que des vétérans croates, provoquant un tollé en Croatie.

Le Parlement croate a adopté ensuite, en octobre, une loi rejetant les procédures engagées par la justice serbe contre des ressortissants croates soupçonnés de crimes de guerre.

Le président croate, qui est attaché à une amélioration des relations avec la Serbie, a déploré l'adoption de cette loi et l'a contestée auprès de la Cour constitutionnelle.

Le président en exercice de la présidence collégiale bosnienne, Zeljko Komsic, a expliqué que son pays ne pouvait pas adhérer à l'initiative des présidents serbe et croate, car ce sujet ne fait pas l'unanimité en Bosnie.

D'anciens hauts responsables inculpés de crimes de guerre commis dans les années 1990 dans l'ex-Yougoslavie sont jugés par le Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie (TPIY), qui doit fermer ses portes fin 2014.

Les tribunaux locaux sont chargés de juger les affaires moins importantes.

(©AFP / 03 février 2012 21h06)

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