Libre-échange : les négociations UE/USA vont débuter comme prévu


BERLIN - Les négociations entre les Etats-Unis et l'Union européenne sur un accord de libre-échange démarreront bien la semaine prochaine, mais en parallèle des groupes de travail doivent clarifier l'ampleur de l'espionnage pratiqué par les Américains, a annoncé mercredi José Manuel Barroso.

Nous avons convenu aujourd'hui de la chose suivante : nous croyons à la relation transatlantique (...) mais nous voulons dans le même temps des groupes de travail, qui analysent l'impact des pratiques d'espionnage américaines, a dit M. Barroso à Berlin à l'issue d'une rencontre avec 18 chefs d'Etat et de gouvernement de l'UE consacrée au chômage.

La France et l'Allemagne soutiennent pleinement cette approche, a-t-il ajouté alors que Paris et Berlin avaient exprimé un différend sur la marche à suivre.

Selon M. Barroso, les Etats-Unis auraient déjà manifesté leur accord pour la mise en place de tels groupes de travail.

C'est la bonne idée de dire que ces groupes vont commencer leur travail en parallèle aux négociations, a ajouté la chancelière allemande Angela Merkel, hôte de la conférence de presse commune. Le temps presse, a-t-elle aussi déclaré, se disant très contente que l'UE soit sur la même longueur d'onde politique sur cette question.

Le matin même, les vues étaient pourtant encore divisées. Berlin s'était prononcé en faveur d'un début des négociations rapide, tandis qu'à Paris la porte-parole du gouvernement Najat Vallaud-Belkacem plaidait pour une suspension temporaire du processus, sur fond de révélations fracassantes sur l'espionnage pratiqué par les services de renseignement américains en Europe.

A Berlin, le président François Hollande a estimé que l'accord trouvé entre les dirigeants européens était forcément un compromis mais un bon compromis

Toutefois, a-t-il averti, il ne peut pas y avoir ouverture de négociations commerciales sans qu'il y ait dans le même temps, à la même date, ouverture de discussions avec les Etats-Unis sur l'activité des services de renseignement dans nos pays et la protection des données privées.

Si les Américains disent qu'ils ne sont pas prêts à constituer ces groupes, ce sera retardé d'autant de jours que les Etats-Unis mettront à constituer ces groupes, a ensuite souligné l'entourage du président français.

Peut-être que les américains iront très vite parce qu'il y ont aussi leurs intérêts, a-t-on ajouté de même source.

Selon des sources diplomatiques aux Etats-Unis, les discussions seront lancées lundi 8 juillet à Washington au ministère américain du Commerce extérieur (USTR) sans personnalités politiques de premier plan mais en présence notamment des deux négociateurs en chef, Dan Mullaney côté américain et Ignacio Garcia Bercero pour l'UE.

Ce premier round de discussions, dont le programme n'a pas été précisé, doit s'achever vendredi, selon l'USTR.

Les négociations d'un accord de libre-échange transatlantique ont reçu le feu vert officiel lors d'un récent sommet du G8 en Irlande du Nord, les discussions concrètes devant débuter le 8 juillet, aux Etats-Unis.

M. Barroso a pris soin de rappeler que c'était la Commission européenne qui avait le mandat pour négocier au nom des Européens, et qu'il était de sa responsabilité de mener les discussions.

Les députés européens se sont quant à eux montrés divisés mercredi sur l'opportunité d'ouvrir ces négociations, la gauche souhaitant leur report à cause du scandale des pratiques américaines d'espionnage, tandis que la droite veut les maintenir la semaine prochaine comme prévu.

La question fera l'objet d'un vote jeudi, qui s'annonce très disputé.

(©AFP / 03 juillet 2013 22h53)