Libye/Otan : Rasmussen rejette des accusations de crimes de guerre


LA HAYE - Le secrétaire général de l'Otan Anders Fogh Rasmussen a rejeté jeudi des accusations du régime libyen selon lesquelles plus de 1.100 civils ont été tués en Libye lors des raids de l'Otan, qualifiés de crimes de guerre.

Je rejette complètement ces accusations, a déclaré M. Rasmussen lors d'une conférence de presse à La Haye, où il a rencontré le Premier ministre néerlandais Mark Rutte. Nous sommes extrêmement prudents pour identifier les cibles militaires et éviter des pertes civiles.

Le procureur général Mohamed Zekri Mahjoubi avait annoncé mercredi avoir porté plainte devant les tribunaux libyens contre M. Rasmussen pour des crimes de guerre commis par l'Otan.

Selon le procureur général, 1.108 civils libyens ont été tués suite aux raids de l'Otan depuis le début des opérations en mars et 4.537 autres ont été blessés.

Il s'était adressé à la presse à Tripoli, accusant le secrétaire général de l'Otan de crimes de guerre parmi lesquels agression délibérée contre des civils innocents et meurtres d'enfants.

Il avait également accusé M. Rasmussen de tentative de renverser le régime libyen et de le remplacer par un pouvoir inféodé qui permet à l'Otan et aux pays occidentaux de contrôler les richesses de la Libye.

Je ne peux pas prendre au sérieux de telles accusations venant de représentants d'un régime dont les principaux responsables font l'objet de mandats d'arrêt de la CPI, a assuré M. Rasmussen.

Le leader libyen Mouammar Kadhafi, au pouvoir depuis 42 ans, fait l'objet d'un mandat d'arrêt délivré le 27 juin par la Cour pénale internationale (CPI) pour des crimes contre l'humanité commis en Libye depuis le 15 février.

La CPI a également délivré des mandats d'arrêts contre son fils Seif Al-Islam et le chef des services de renseignements libyens Abdallah Al-Senoussi.

L'Alliance atlantique, qui dirige les opérations militaires sous mandat de l'ONU depuis le 31 mars, essaye de pousser vers la sortie le colonel Kadhafi, mais les frappes aériennes n'ont pour le moment pas porté de coup décisif.

Il n'y a pas de fatigue au sein des membres de l'Otan, a affirmé M. Rasmussen : nous voudrions tous voir une solution tôt ou tard, nous resterons engagés aussi longtemps que cela sera nécessaire pour accomplir notre mission.

(©AFP / 14 juillet 2011 17h07)


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