Libye: le président sud-africain critique les frappes autorisées par l'ONU


NEW YORK (Nations unies) - Le président sud-africain, Jacob Zuma, a durement critiqué jeudi le Conseil de sécurité de l'ONU pour avoir autorisé les frappes militaires de l'Otan sur la Libye, se plaignant que le plan de paix de l'Union africaine ait été ignoré.

L'Union africaine s'est à son tour attirée des remarques acerbes de l'ambassadrice américaine à l'ONU Susan Rice, qui a estimé que l'organisation était trop lente à agir sur des questions clés.

M. Zuma s'est plaint auprès du Conseil de sécurité du fait qu'un plan de paix de l'Union africaine pour la Libye ait été complètement ignoré. Il a ajouté qu'à cause de cette décision du Conseil, les problèmes libyens ont débordé vers d'autres pays en Afrique du Nord.

Le président sud-africain a fait la leçon au Conseil de sécurité où il présidait un débat sur les relations entre les Nations unies et l'Union africaine.

Le 17 mars dernier, l'Afrique du Sud avait voté en faveur de la résolution 1973 par laquelle le Conseil de sécurité autorisait une action militaire de l'Otan pour protéger les civils en Libye ainsi que l'imposition d'une zone d'exclusion aérienne. Mais par la suite Pretoria avait estimé que l'Otan avait outrepassé le mandat de l'ONU.

Les frappes de l'Otan ont depuis divisé le Conseil de sécurité. La Russie, la Chine, l'Afrique du Sud et l'Inde insistent sur le fait que ces frappes ont outrepassé la résolution.

M. Zuma a ajouté que le Conseil devait désormais éviter une répétition de l'épisode de la Libye.

Les conséquences des actions qui ont été menées en Libye au nom du Conseil de sécurité de l'ONU ont déteint sur d'autres pays de la région, a insisté M. Zuma lors de cette réunion, à laquelle participaient des ministres d'Afrique et des pays du Conseil de sécurité.

L'Otan affirme que ses actions militaires en Libye ont été menées dans le respect des résolutions de l'ONU. Les ambassadeurs des quinze pays membres du Conseil ont précisé que le Conseil de sécurité était pleinement conscient de la nature des actions qui seraient menées.

Mais M. Zuma a rétorqué: Pour empêcher des conflits et renforcer nos relations, les opinions de l'Union africaine doivent être écoutées.

Le dirigeant africain a encore souligné que l'époque de la Guerre froide, où l'Afrique servait de terrain de jeux aux pays ennemis engagés dans des luttes d'influence, était terminée.

Mme Rice a quant à elle constaté qu'il y avait des frustrations des deux côtés, ajoutant que les relations entre l'Union africaine et l'ONU devaient être améliorées.

Les Etats membres de l'Union africaine ont quelquefois indiqué qu'ils se sentaient ignorés par le Conseil, a-t-elle dit lors de cette réunion.

Certains membres du Conseil de sécurité estiment, eux, que les Etats de l'Union africaine n'ont pas toujours apporté des opinions unifiées et consistantes sur des questions clés, et que l'Union africaine a été à certains moments trop lente à agir sur des questions importantes, a-t-elle ajouté.

Mme Rice a encore indiqué qu'en vertu de la charte des Nations unies, le Conseil de sécurité, qui exerce une responsabilité première sur la paix et la sécurité dans le monde, n'était pas subordonné à une quelconque entité régionale.

(©AFP / 12 janvier 2012 21h20)

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