Libye: les bateaux non liés par des contrats avec la compagnie nationale seront bombardés


TRIPOLI - Le gouvernement libyen a menacé jeudi de bombarder tout bateau non lié par contrat à la Compagnie nationale de pétrole (NOC) qui se rapprocherait des ports pétroliers du pays, a indiqué le Premier ministre Ali Zeidan.

Un groupe des gardes des installations du pétrole de la région du Centre a fait comprendre au directeur de la société Syrte (de commercialisation du pétrole) qu'ils vont emmener des bateaux pour exporter le pétrole, a indiqué M. Zeidan , avertissant que tout bateau non lié par des contrats avec la NOC sera bombardé par voie aérienne ou maritime.

Selon lui, face à cette situation, le gouvernement en coordination avec le Congrès général national (CGN), la plus haute autorité politique et législative du pays, a opté pour la fermeté.

Si le blocage de ces terminaux pétroliers se poursuit, l'Etat sera dans l'obligation d'user de son pouvoir et de toutes les forces dont il dispose qu'il s'agisse de l'armée ou des moyens en possession de la population, a averti M.Zeidan.

Le groupe des gardes des installations a fermé ces derniers jours les terminaux pétroliers de Brega, Zueitina, Ras Lanouf et Sedra (est) et empêché les bateaux de charger leurs cargaisons conformément aux accords avec la NOC, a précisé M. Zeidan lors d'une déclaration à la télévision publique al-Wataniya, en présence des ministres du Pétrole, de la Défense et des Affaires étrangères.

Cette unité des gardes d'installation de pétrole, chargée de la sécurisation des sites pétroliers, a bloqué depuis plusieurs semaines certains ports pétroliers, accusant notamment le Premier ministre et le ministre du Pétrole d'avoir commercialisé du brut en dehors des circuits habituels.

Un accord a été trouvé avec le comité de médiation (avec les protestataires) pour la formation d'une commission composée de juges afin d'enquêter sur la véracité des accusations, a annoncé Ali Zeidan.

La production quotidienne, qui s'établit depuis début août à 700.000 barils par jour, était tombée fin juillet à 330.000 b/j à cause de mouvements de protestation dans les principaux terminaux pétroliers du pays.

La production de pétrole, qui dépassait les 1,6 million b/j avant le conflit qui a mené à la chute de Khadafi, est presque tombée à zéro durant le conflit. Mais après la chute du régime, renversé par une rébellion armée, elle a en quelques mois retrouvé quasiment son niveau d'avant-guerre, malgré un climat d'insécurité.

(©AFP / 15 août 2013 22h25)